Déjà condamné pour des faits similaires, un Alésien a de nouveau été jugé pour conduite en état d’ivresse et refus de dépistage au tribunal d’Alès. Malgré un casier chargé, le tribunal a privilégié une peine aménagée.
« Les faits sont établis« , assène le président Vincent Edel. Ce lundi, un homme est jugé pour avoir conduit sous l’empire de l’alcool dans le centre-ville d’Alès. Le 20 mars, les gendarmes interviennent après le signalement d’un automobiliste évoquant une conduite dangereuse, il s’agit du prévenu jugé en comparution immédiate au tribunal d’Alès. L’homme est retrouvé sur le parking d’une enseigne de restauration rapide, sortant d’un bar à proximité.
Au volant de sa BMW, moteur à l’arrêt, les forces de l’ordre notent qu’il « a un verre de pastis entre les jambes« . Il refuse à plusieurs reprises de se soumettre aux contrôles d’alcoolémie. À la barre, il reconnaît les faits, évoquant d’abord une incapacité liée à son état, puis un refus assumé.
Un profil marqué par l’alcool
Déjà condamné en 2022 pour des faits similaires, le prévenu est en état de récidive. Son casier compte cinq mentions, entre vols, violences et infractions routières. Sans emploi depuis un an, malgré une formation de paysagiste, il souffre également de problèmes de santé, notamment au niveau du cœur. Questionné sur les médicaments qu’il prend pour ce problème, le président de l’audience demande : « c’est compatible avec l’alcool ? » Le prévenu, silencieux, fait « non » de la tête. Malgré des « signes positifs« , le président pointe une situation d’oisiveté qui dure : « oisiveté est mère de tous les vices« , répète Vincent Edel.
Un parquet sévère, une défense tournée vers le soin
Pour le ministère public, le constat est sans appel. Quentin Larroque se montre « plus négatif« , évoquant un homme qui « aurait pu écraser des enfants » et qui tarde à se responsabiliser, notamment par le peu d’intérêt qu’il semble porter à la recherche d’un travail. Il requiert 18 mois d’emprisonnement, dont six avec sursis probatoire, ainsi qu’un mandat de dépôt et l’annulation du permis.
En défense, Me Guillaume Garcia insiste sur une bascule liée aux problèmes de santé. « Entre 2011 et 2021, on a un homme qui travaille, qui s’intègre. C’est ce problème de santé lié au cœur qui, en 2021, fait revenir tous les problèmes. » Il plaide un traitement prioritaire de l’alcoolisme, estimant qu’une incarcération serait contre-productive.
Le tribunal suit en partie cette analyse et condamne le prévenu à 18 mois de prison entièrement assortis d’un sursis probatoire renforcé pendant deux ans. Il devra se soigner, travailler, et voit son permis annulé, avec interdiction de le repasser avant six mois.






