"Une femme qui rompt avec le modèle sociétal" : Marion Verlé et Pauline Brunner présentent Miss Mermaid ce jeudi dans le cadre du festival Traversées de Lunel

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Ce jeudi 9 avril à 21 h, le festival de cinéma Traversées reçoit Marion Verlé et Pauline Brunner, les deux réalisatrices de Miss Mermaid, un film touchant et inspiré de faits réels, sur l’émancipation d’une trentenaire divorcée à travers la nage sirène. Interview.

Quel a été le point de départ de Miss Mermaid ?

Marion Verlé : En 2019, nous avons réalisé un documentaire du même nom sur Alexia, la cousine de Pauline. Comme le personnage de Fanny, elle avait 32 ans, elle était divorcée et ne voulait pas d’enfants. Elle a découvert le mermaiding (pratique consistant à revêtir un costume de sirène muni d’une queue de poisson, NDLR) dans un moment de sa vie où elle n’avait plus de perspectives. Elle s’est acheté une grande nageoire à 2 000 euros tout en faisant face à l’incompréhension de son entourage. On l’a filmé lorsqu’elle a participé au concours Miss mermaid France.

Pauline Brunner : L’envie de basculer vers la fiction est venue pendant le tournage du documentaire. On se disait qu’on avait tous les ingrédients pour et aussi une envie d’aller plus loin. Tout en gardant des liens forts avec les personnages réels, on a eu envie d’aborder la symbolique de la sirène comme une mutation d’identité. Au-delà de la discipline sportive sur laquelle le documentaire est très centré, avec le film on découvre le fait d’endosser un personnage, on se rapproche presque de l’art du drag, du travestissement et de la culture queer (LGBTQI +, NDLR).

Une comédie sociale juste et touchante

Fraîchement divorcée, Fanny (Aloïse Sauvage), une trentenaire fécampoise, ne garde de son mariage qu’un canapé en skaï et des dettes qu’elle refuse de payer. Malgré un besoin ardent de liberté, cette employée de ménage s’enlise. Jusqu’au jour où elle croise la route d’Anémone (Alison Wheeler), une sirène professionnelle de passage dans la région… Elle décide alors de se jeter à l’eau et de plonger dans l’univers du mermaiding. Une comédie sociale très touchante et juste sur l’émancipation féminine. Au casting également : Thomas VDB, Annie Mercier et Pierre Philippe.

« On a flashé sur Aloïse Sauvage pour le rôle »

Le premier rôle est confié à Aloïse Sauvage, également chanteuse et dont le travail artistique met justement en avant l’identité queer. Était-ce une volonté de votre part ?

Pauline Brunner : C’était plutôt un heureux hasard. On a flashé sur Aloïse lors de son casting. Alors qu’on avait déjà vu une trentaine de comédiennes, on n’arrivait pas à se détacher d’Alexia qui est à l’origine du personnage. Mais par ce prisme queer, Aloïse nous a permis de réécrire le rôle.

Marion Verlé : Elle est aussi très sportive et le rôle collait complètement à sa personnalité. Les conditions de tournage n’ont pas été faciles, elle a dû nager en pleine mer en apnée en Normandie avec une queue de sirène de 14 kg. Une personne qui n’est pas sportive n’aurait pas pu assumer ce rôle.

Vous présenterez votre film aux spectateurs lunellois ce jeudi 9 avril dans le cadre du festival Traversées. Comment appréhendez-vous ce moment d’échange avec le public ?

Marion Verlé : C’est très plaisant de voir le film se concrétiser en étant diffusé dans une salle, d’autant plus devant le public jeune de Traversées. Notre film s’adresse à tous mais particulièrement aux personnes en construction. On a voulu porter un message d’espoir avec cette volonté de faire savoir que chacun peut faire ce qu’il veut de sa vie.

Pauline Brunner : Oui, d’où le caractère extrêmement émancipateur du film. On est entre une crise d’ado et une crise de la quarantaine. Le mermaiding paraît loufoque mais il y a toute une symbolique derrière. Fanny c’est une femme qui décide de rompre avec le modèle sociétal. Elle ne se définit pas à travers une histoire d’amour ou un rôle de mère mais à travers ses inspirations les plus profondes. Ce film a donc un côté très féministe.

Miss Mermaid avec Aloïse Sauvage, Alison Wheeler et Thomas VDB en avant-première jeudi 9 avril à 21 h à l’Athénée dans le cadre du festival Traversées. Sortie en salle le 1er juillet.

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