
Tout a démarré avec la fugue du fils aîné. Rapidement retrouvé par la police au domicile de sa petite amie, il a déclaré être parti parce que « ça se passait mal chez sa mère ». Il a alors décrit une ambiance tendue chez sa mère à Gacé (Orne), faite de reproches et de coups de pied à son petit frère, une violence selon lui plus intense sur les deux dernières années. Sa mère quant à elle parle plutôt de « mini-violences ».
Les déclarations de la fratrie, composée de 5 enfants, ne se recoupent cependant pas. Certains parlent de cris et de violence mais d’autres disent le contraire. L’enquête de voisinage et une visite des enquêteurs au domicile en mai 2025 n’ont rien permis d’établir.
Un enfant difficile selon la mère
Cependant, un rapport psychologique concernant le jeune garçon établit sa faiblesse psychologique et des propos crédibles « . Il évoque « des coups de martinet, des coups de pied aux fesses et aux jambes, des jets d’objets et des insultes ». Depuis février 2025, l’enfant vit chez son père et semble aller mieux.
La prévenue évoque un enfant qui défie son autorité, et la rend coupable de la séparation d’avec son père dont l’enfant est proche. Elle dit avoir levé la main « une fois sur lui parce qu’il lui avait craché dessus ». Elle reconnaît aussi des coups de pieds, mais nie cependant avoir utilisé le martinet.
La prévenue parle de « mini-violences »
A la barre, elle évoque des « petits coups de pied pas régulier », parle de « mini-violences », mais ne se considère pas comme telle que décrite. Quant à l’impact psychologique de ses gestes, elle ne le reconnaît tout simplement pas. Cependant, le jeune garçon a déjà fugué 2 fois, et est définitivement parti vivre chez son père. Bien que la mère ait un droit de visite et d’hébergement, elle ne l’a cependant pas vu depuis plusieurs mois.
Pour l’avocat du père et du garçon, s’il ne la voit pas malgré une décision du juge aux affaires familiales, c’est parce qu’« il a peur d’aller chez elle ». Le garçon a souhaité prendre la parole pendant l’audience. Avec des trémolos dans la voix, il a réitéré ses propos, « les tapes, les insultes et les coups de martinet », ce à quoi la mère a répondu, « il mélange tout ».
Les faits sont « caractérisés »
Le père a souhaité se porter partie civile pour lui et pour son fils. Pour leur avocat, la mère est « dans le déni de ses comportements mais tout dans le dossier évoque ses propos et ses gestes violents ». Selon lui, pour que la situation s’apaise et que les choses reprennent un cours normal, « une évolution de la mère qui doit reconnaître ses violences » est nécessaire.
« L’interdiction de violences physique et psychologique par les parents est dans le Code civil » a lancé le procureur au début de son réquisitoire, avant d’évoquer leurs conséquences sur le développement et l’épanouissement de l’enfant.
Si on n’est pas non plus dans des violences de forte intensité, les faits sont néanmoins caractérisés
Il évalue comme « crédible » la parole de l’enfant, répétée à plusieurs reprises, et qui recoupe les déclarations de la fratrie et du père. Il requiert une réponse éducative pour faire « progresser la mère dans l’exercice de sa parentalité ». Il demandera également une peine de prison assortie d’un sursis simple et l’obligation pour la mère, de suivre un stage sur les responsabilités parentales.
« Une charge mentale indéniable »
L’avocat de la prévenue évoque la difficulté pour cette mère au foyer vivant seule, de s’occuper à temps plein de ses 5 enfants depuis la séparation du couple. « La charge mentale est indéniable pour elle » a-t-il dit. Si elle a entendu que « ses violences ne sont pas tolérées, elle tente de poser un cadre et des limites à ses enfants qui en ont besoin ».
En outre, les violences n’ont pu se produire jusqu’en mai 2025 puisque le garçon avait quitté le domicile maternel pour vivre chez son père en février de cette même année. Selon l’avocat, l’enfant « a pris parti pour son père devant lequel il est en adoration ». Or, les déclarations des voisins n’ont rien révélé d’inquiétant et celles des enfants se contredisent. Pour lui, une condamnation de la mère ne va pas faciliter la reprise du dialogue et de la relation.
Le tribunal rendra sa décision mardi 28 avril.
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