La partie civile avait fait appel d’un non-lieu. Quatorze ans après le dépôt de plainte d’une toute jeune femme, pour des faits de viol et d’agressions sexuelle sur mineure à Calvisson, l’accusé était jugé ce vendredi 10 avril par la cour d’assises du Gard.
La justice peut être lente. Quatorze ans après le dépôt d’une plainte de Mélissa (le prénom a été modifié), la victime pour des faits graves de viol et d’agression sexuelle sur mineure à Calvisson, François Grau, un quinquagénaire était jugé, ce vendredi 10 avril, par la cour d’assises du Gard. La victime, Mélissa était défendue par Me Hugo Ferri. Après un après un non-lieu, la partie civile avait fait appel de cette décision et obtenu un procès. Enfant, Mélissa, déjà cabossée par la vie, a trouvé un peu de répit lorsqu’elle a été accueillie au domicile de sa sœur aînée et de son compagnon, François Grau à Calvisson. Elle a une chambre à elle, des cadeaux. François qu’elle appelle tonton est un homme rigide, autoritaire voire intransigeant.
La victime, devenue adulte porte plainte en 2011
Elle quittera la maison puis portera plainte en juillet 2011. Entendue par les enquêteurs, la plaignante devenue adulte décrit des attouchements à caractère sexuel – des « pouets pouets à la poitrine » dans un premier temps – mais aussi des agressions sexuelles et des viols sur mineure. L’enfant est alors assoupie sur le canapé ou feint de dormir. Elle n’a alors que 14 ans et est tétanisée. Elle a décrit les viols et agressions sexuelles dans son journal intime qu’elle retrouvera des années plus tard. « Je gardais les yeux fermés. Et les choses se sont aggravées. J’avais peur de sa réaction, a témoigné Mélissa, aujourd’hui mère de famille. Je pensais alors que personne me croirait. »
« J’ai tout fait au mieux pour elle »
Défendu par Me Arnal, l’accusé qui comparait libre soutient que tout est faux.« J’ai tout fait au mieux pour elle et pour lui apporter un toit, une éducation. C’était à la demande de ma femme (dont il est aujourd’hui séparé et qui a bénéficié d’un non-lieu définitif dans ce dossier, NDLR). Au début, cela se passait très bien mais au collège, c’était une catastrophe. Et à l’adolescence, ce n’était plus gérable. Elle était invivable. Elle me collait, venait s’asseoir sur mes genoux ou sur ceux d’autres personnes de la famille… » » Tout ça, ce ne sont que des tissus de mensonges, a réagi Me Hugo Ferri, l’avocat de la victime. Quand elle arrive chez vous à 14 ans, elle se dit, enfin, ma vie sera belle… Elle passe alors du rêve au cauchemar et des nuits à faire semblant de dormir. »
Huit ans de prison requis
« Cette jeune fille avait peur de parler à qui que ce soit, rappelle l’avocate générale, Aurélie Reymond a requis 8 ans de prison et un mandat de dépôt. Et ce qui m’inquiète aujourd’hui, c’est cette absence de remise en cause. » « On est 15 ans après les faits dénoncés, proteste Me Jérôme Arnal, l’avocat de l’accusé. Et aujourd’hui, c’est parole contre parole. Il y a plein de choses qu’on ne peut vérifier et des contradictions. Pendant 3 ans, elle (la victime : NDLR), n’a pas rien dit. On peut tout de même s’interroger sur la véracité de ce qui est dénoncé. Et ce n’est pas la parole de l’un contre celle de l’autre. » L’accusé qui comparaissait libre a été condamné à 9 ans de prison et écroué.








