Volley-ball : "On était en train de filer une rouste à Montpellier quand…"

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Sète reçoit Montpellier ce vendredi 17 avril en demi-finale aller, l’occasion pour Jean-Marie Taillade d’évoquer ce fameux derby où les siens ont perdu l’espoir d’un titre.

À Sète, on a de la mémoire. Sans doute le poisson… Et lorsque l’on évoque les confrontations avec Montpellier, cela réveille invariablement quelques ardeurs.

L’ennemi cordial

International et cadre de l’Arago des années 60, Jean-Marie Taillade, 84 ans, ne dira pas le contraire. Lui qui, en 1962, lorsque Sète était relégué en Régional, a dû s’exiler une saison à Lyon pour garder sa place en équipe de France. « Montpellier m’avait sollicité, mais je ne pouvais pas. Plus personne ne m’aurait adressé la parole ! En match, on s’est dit des choses intéressantes, il y en a même qui toussaient et des “postillons” partaient parfois de l’autre côté… Mais on ne s’est jamais battu ! C’était l’ennemi cordial, on a toujours eu des copains internationaux qui jouaient chez eux. »

Mais si le Sétois devait garder un de ces nombreux derbys, ce serait ce match de 1969, qui nourrit encore aujourd’hui une frustration jamais adoucie. À l’époque, les internationaux Jean-Marc Buchel et Jean-Pierre Belot avaient rejoint les rangs de l’Arago. Et surtout le Roumain Edouard Derzei, recruté par le coach sétois Nicolas Sotir, ancien entraîneur de l’équipe de Roumanie.

Marseille battu en 21 mn !

« Quand Edouard est arrivé en gare de Sète, il nous a fait un salut militaire », se souvient Jean-Marie Taillade. « On lui a dit de se détendre, que le championnat était terminé et qu’on était en vacances jusqu’en septembre. Il nous a répondu : “Hors de question ! Quatre entraînements par semaine et matchs de préparation le week-end !” Il a tout changé à l’Arago… »

À la reprise, l’équipe avait effectivement franchi un cap. Pour preuve, ce match « record » face à Marseille, en octobre 1969, qui n’a duré que 21 minutes ! L’Arago était alors sur des rails, le titre de champion de France lui faisait les yeux doux. Jusqu’à ce derby à Montpellier, où le sort en a décidé autrement.

Le coup du sort

Dans le gymnase Joffre, où plus de 2000 personnes s’étaient amassées, où le secrétaire du club sétois devait notamment être évacué après un malaise, Edouard Derzei s’est écroulé après une attaque. Fin de saison pour le Roumain, le tendon rotulien avait cédé. « On avait battu tout le monde, même l’Étoile Rouge de Belgrade et le vice-champion d’Italie. On était en train de filer une rouste à Montpellier quand il s’est blessé. On avait une belle équipe, mais personne ne pouvait remplacer Derzei. Derrière, on a fait quelques coups, mais on n’a pas pu aller au bout. Sète n’a jamais été champion de France. Mais cette année-là, on devait l’être. Ceux qui vivent encore et qui ont vécu ce match n’ont jamais oublié. »

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