Le tribunal correctionnel de Rennes a condamné à dix mois de prison avec sursis, mardi 14 avril, un retraité de 67 ans qui avait mortellement renversé en 2018 un adolescent de La Bouëxière (Ille-et-Vilaine) qui circulait à scooter à Saint-Aubin-du-Cormier.
Percuté de plein fouet
Killian avait en fait été percuté de plein fouet par un Renault Koleos blanc le 8 janvier 2018 vers 7 h 45, alors qu’il circulait sur la route départementale n° 100 au lieu-dit Le Bas Pâtis, a-t-il été rappelé à l’audience.
La mort de ce jeune de 15 ans avait été constatée à 8 h 30 ; il était précisément décédé d’un « polytraumatisme au niveau cranio-encéphalique et thoracique ».
Pierre-Yves, le conducteur du véhicule, avait spontanément expliqué aux gendarmes qu’il effectuait un « dépassement » sur cette route qu’il empruntait quotidiennement pour se rendre à son travail de « commercial » lorsqu’il avait vu le scooter « surgir dans ses phares » : il n’avait donc « rien pu faire pour l’éviter ».
Le dépistage à l‘alcool et aux stupéfiants de cet homme alors âgé de 58 ans s’était révélé négatif.
L’expert en accidentologie avait estimé sa vitesse au moment de l’accident à « 105 km/h » sur cette route limitée à 90 km/h.
Mais le « facteur déterminant » de la collision était selon lui la « faible visibilité » du scootériste : plusieurs témoins avaient indiqué que Killian circulait « tous feux éteints » et sans « dispositifs réfléchissants » alors qu’il faisait nuit.
L’un d’eux avait même pensé que ce jeune « allait se tuer »… Le « positionnement » du véhicule de Pierre-Yves dont la conduite avait toutefois été décrite comme « nerveuse » par un témoin – sur la voie de gauche pour dépasser avait alors « rendu l’accident inévitable », selon l’expert.
« On n’est pas sur un chauffard à 180 km/h »
La « faute de conduite » qui était reprochée à Pierre-Yves était donc d’avoir entrepris un dépassement à une « vitesse excessive » et sans « visibilité suffisante » sur cette route départementale en « forêt » et en « ligne droite ».
« Vous ne vous êtes pas dit qu’il y avait un risque ? », l’a interrogé à l’audience la présidente du tribunal correctionnel de Rennes.
« J’ai regardé devant moi avant de dépasser, mais à ce moment-là je n’ai rien vu », a maintenu le prévenu qui assure qu’il « était à 90 km/h » et avait « mis son clignotant ». « Je suis quelqu’un de très consciencieux », a-t-il assuré.
« On n’est pas sur un chauffard à 180 km/h », a convenu la procureure de la République. Pierre-Yves n’avait jusqu’alors jamais été inquiété par la justice et a même « douze points sur son permis », en veut-elle pour preuve.
Pour autant « sa vitesse est demeurée trop élevée par rapport aux conditions de visibilité » le jour de l’accident : sa « manœuvre » est donc bien « fautive » et « en lien direct et certain » avec la mort de Killian en a déduit la magistrate.
« Pour dix minutes de retard, vous avez préféré détruire la vie d’une famille »
L’avocate des parents et de la sœur du jeune homme – présents à l’audience mais qui n’ont pas souhaité s’exprimer – avait lu un peu plus tôt à la barre un message écrit de leurs mains et adressé à Pierre-Yves, à qui ils reprochent de n’avoir exprimé « aucune excuse » ni « aucun remords » en « huit ans, trois mois et six jours ».
Pour dix minutes de retard, vous avez préféré détruire la vie d’une famille.
L’avocat de Pierre-Yves avait lui plaidé la « relaxe » de son client qui était selon lui « parfaitement maître de sa vitesse » et avait tout à fait « le droit » d’effectuer un dépassement.
Me Olivier Dersoir a rappelé au passage que l’enquête avait initialement été classée sans suite avant d’être rouverte par la plainte de la famille de Killian.
Le parquet avait d’ailleurs demandé que Pierre-Yves ne soit pas poursuivi devant le tribunal correctionnel car il a « agi comme un conducteur prudent ».
Mais le tribunal correctionnel de Rennes a finalement suivi en tous points les réquisitions de la procureure de la République à l’audience en le condamnant à dix mois de prison avec sursis.
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