Depuis ce jeudi matin 16 avril, 6 h, la prison de Béziers n’est plus accessible ni aux personnels, ni aux visiteurs. Un mouvement de grève lancé par Unsa Justice et FO pénitentiaire bloque l’entrée à l’établissement.
Les surveillants de la prison sont à bout, et ils le font savoir ce jeudi 16 avril à Béziers en bloquant l’accès à l’établissement pénitentiaire, du Gasquinoy à Béziers, dans le cadre d’une intersyndicale. « Ce qui motive notre mouvement, explique David Parmentier de l’Ufap Unsa Justice, c’est le manque de personnel à Béziers. Il faudrait aussi adapter les activités au mode dégradé que nous impose le manque de surveillants. Il est aussi impératif de transférer les détenus qui posent des problèmes en ayant agressé des agents. Nous sommes tout de même à 7 agressions sur les 10 derniers jours. Enfin, il faut impérativement régler le manque de moyens disponibles au sein du quartier disciplinaire. C’est typiquement un problème qui peut se régler localement. Il faut, pour cela, se débarrasser des détenus bloqueurs qui refusent de sortir de leur cellule. Sans cellule au quartier disciplinaire (QD) c’est un outil disciplinaire de moins à notre disposition. »
Une surpopulation gênante
Au QD, il y a effectivement seize places pour 830 détenus théoriques. Or, à Béziers, ils sont un peu plus de 1 100 prisonniers, dont 180 qui dorment au sol. Le cas le plus criant est celui de la maison d’arrêt qui compte 389 places pour 730 détenus actuellement. Et tout cela sans compter les six officiers qui manquent à l’appel ainsi que les 24 surveillants.
Toutes les demandes ne sont pas acceptées
Pour établir le dialogue entre les manifestants et la direction, Patricia Chauviré, la directrice, est allée au contact des surveillants devant la prison. Elle a notamment confirmé : « Sur 30 surveillants demandés pour Béziers, l’administration en a octroyé 12 ainsi que 3 officiers. » Elle a aussi assuré faire « tout son possible pour régler les problématiques locales. » Peut-être un signe que tout ne va pas bien au sein de la prison de Béziers… La directrice s’est retrouvée bloquée devant l’établissement parce que le portail d’entrée dans la prison est tombé en panne ce jeudi matin.
Régler la problématique de la violence contre les agents
Pour Jordan Kauffmann, FO pénitentiaire, la problématique est bien celle décrite par son collègue de l’Unsa. « Il faut que la direction entende ce que nous avons à dire. Nous sommes en capacité de nous mobiliser plus souvent encore et cela pourrait devenir un mouvement aussi important qu’en 2018. Il faut parvenir à régler la problématique de la violence en détention contre les agents. Les personnels sont en danger face à certains détenus. Cela ne peut pas continuer indéfiniment alors que nous tirons la sonnette d’alarme. »









