« Les faits qui leur sont reprochés sont d’une extrême gravité », selon la procureure, Coralie Baronnet. Vendredi 10 avril 2026, un couple a comparu au tribunal de Quimper (Finistère) pour des violences sur leurs quatre enfants. L’aîné a huit ans et demi ; la plus jeune, seulement un an.
Le papa est âgé de 27 ans ; la maman, de 30 ans. Ils vivent ensemble depuis plusieurs années dans le quartier d’Ergué-Armel, à Quimper. En garde à vue, ils ont contesté les violences. « Ils s’enferment dans un déni total. Ils se couvrent mutuellement et mentent sur à peu près tout », a toutefois indiqué Coralie Baronnet. Pourtant, ce n’était pas la première fois. Dans cette famille, il a déjà été question du syndrome du bébé secoué.
Syndrome du bébé secoué
Le 24 mars dernier, le cadet de la fratrie, sept ans et demi, arrive à l’école avec des traces de strangulation au visage. L’établissement fait alors un signalement.
L’enfant est examiné par un médecin. Il conclut que les lésions ne peuvent pas être accidentelles et prescrit alors 90 jours d’incapacité totale de travail. Plus jeune, le même enfant a été hospitalisé pour un syndrome de bébé secoué.
Le grand frère, huit ans et demi, porte lui aussi « des cicatrices anciennes » sur le corps. Il a 30 jours d’incapacité totale de travail. Chez les deux garçons, « le médecin a relevé un syndrome post-traumatique », a précisé la procureure.
« Fausses attestations »
Les deux petites dernières, un an et quatre ans et demi, ont aussi été frappées. « Les enfants en âge d’être entendus ont dénoncé des coups, des violences psychologiques de la part de leur papa, et évoqué l’inaction de leur maman », selon la présidente.
Coralie Baronnet ajoute que le couple aurait demandé à des membres de son entourage de rédiger « de fausses attestations ». L’un d’eux s’est toutefois rétracté en audition et « a confirmé les violences : des croche-pattes, des hurlements et des punitions vexatoires ».
Détention provisoire
Le papa a 11 mentions au casier dont une en 2023 pour des violences sur ses trois enfants. Il n’a jamais été incarcéré. La maman, casier vierge, est sous curatelle renforcée. Ils ne travaillent pas, perçoivent le Revenu de solidarité active. Ils n’ont pas de problème d’alcool ni de drogues.
En raison de la grève des avocats, leur procès a été renvoyé. Leurs enfants ont été placés. Chacun a toutefois voulu éviter la détention provisoire. « Je ne le supporterai pas. J’ai des idées », a clamé le papa. Il a néanmoins été incarcéré. Tout comme sa concubine.
Le tribunal a ordonné un supplément d’information pour entendre les parents du prévenu, des enseignants des enfants et du personnel périscolaire de leur école. Le procès a été renvoyé au mardi 2 juin prochain.
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