Après avoir mis un terme à leur relation, la victime a dénoncé un harcèlement moral subit par son ex-compagnon. Interpellé le 19 février 2026, alors qu’il se trouvait alcoolisé et devant le domicile de la plaignante, le trentenaire a été jugé ce lundi 20 avril devant le tribunal judiciaire de Nîmes. Un couteau a été retrouvé sur lui.
« Je n’en pouvais plus », a lâché la victime, ce lundi 20 avril, face au tribunal correctionnel de Nîmes. Après avoir vécu une brève histoire avec le prévenu, en juin 2024, la jeune femme a décidé de mettre un terme à la relation. Sauf que ce dernier n’aurait pas été de cet avis.
Selon elle, il l’aurait harcelé par plusieurs moyens : des messages et des appels d’abord, puis il se serait rendu à plusieurs reprises devant son domicile à Nîmes. Une centaine de fois plus précisément, selon les déclarations de la victime. « Il venait tous les jeudis soir, il sonnait à l’interphone pendant des heures, il criait dans la rue et essayait d’ouvrir mes volets », a-t-elle expliqué à l’audience.
Une régularité surprenante, qui pourrait s’expliquer, selon le vice-procureur Philip Ughetto-Porteglio, par la concordance avec les horaires d’ouverture de la discothèque La Comédie, où le prévenu aurait tendance à se rendre pour faire la fête. « Et une fois que vous avez bien vu, vous vous rendez chez elle », rebondit Fabien Chenevier, le président du tribunal. Mais si le prévenu reconnaît que l’alcool lui a « posé des problèmes », il a toutefois contesté la version de son ex-copine.
« C’était sur le chemin de la gare »
« Je me suis peut-être rendu quatre ou cinq fois chez elle, mais c’est tout, a-t-il nuancé, mais c’était parce que c’était sur le chemin de la gare ». Car en effet, après s’être fait suspendre le permis, le trentenaire, qui réside à Alès, s’est régulièrement déplacé jusqu’à Nîmes en train.
D’ailleurs, le 19 février dernier, jour où il a été interpellé par les policiers après un énième appel de la jeune femme, ce dernier a été contrôlé à un taux de 0,42 mg par litre d’air expiré. De plus, un couteau a notamment été retrouvé dans sa sacoche. « Le comportement de Monsieur a conduit ma cliente à se renfermer sur elle-même. Elle a même raté un jour de travail car il ne voulait pas partir de devant chez elle », a appuyé Me Camille Proix, l’avocate de la jeune femme. Tout en insistant sur les 4 jours d’ITT délivrés à sa cliente.
46 appels et messages en une seule journée
Mais le prévenu a maintenu sa position : pour lui, il ne l’a pas harcelé. Le président a alors repris la liste des relevés téléphoniques de ce dernier pour le confronter à la multitude d’échanges retrouvés. « Sur la seule journée du 31 mai, il y a eu 46 appels et messages. Et 112 entre mai et juin », a-t-il souligné. Mais là encore, le trentenaire a minimisé, reconnaissant seulement quelques messages. « Elle aussi m’a écrit », a-t-il rétorqué à la barre. Quant à l’épisode évoqué par la plaignante, où il l’aurait suivi à la sortie d’une soirée au restaurant, il a une nouvelle fois nié. « Je n’avais vraiment pas conscience que les appels pouvaient autant lui nuire », a-t-il finalement lâché à l’issue des débats.
Des excuses à demi-mot qui, pour Me Proix, n’enlèvent rien à la peur que sa cliente a ressenti pendant tout ce temps, craignant que le prévenu l’agresse physiquement un jour. Une situation inquiétante également soulignée par le vice-procureur qui a requis une peine de huit mois minimum, assortie d’un sursis probatoire. « Il faut qu’il comprenne qu’il doit mettre un terme définitif à cette relation, sinon, les portes de la prison s’ouvriront pour lui », a-t-il averti.
Condamné à huit mois de prison avec sursis
Cependant, pour la défense, représentée par Me Justine Fagès, le harcèlement n’est pas établi. « Il n’y a aucun appel retrouvé les jeudis soir, comme c’est évoqué par la plaignante. Aucune preuve qu’il était à son domicile », a-t-elle souligné. Elle a plaidé la relaxe pour ce délit, comme pour le port d’armes, rappelant que son client a précisé qu’il ne savait pas que le couteau se trouvait dans la sacoche. « Depuis son contrôle judiciaire, il a arrêté l’alcool. Il a entrepris toutes les démarches pour s’en sortir. Il faut une peine plus clémente », a-t-elle conclu.
Après délibéré, le trentenaire a été reconnu coupable pour l’ensemble des faits. Il a été condamné à huit mois de prison totalement assortis d’un sursis simple. Une peine accompagnée d’une annulation du permis de conduire, d’une interdiction de port d’armes pendant 5 ans, de rentrer en contact avec la victime et l’obligation de l’indemniser. Son véhicule a, quant à lui, été confisqué.







