"Il peut atteindre 12 m de long mais il est inoffensif"… Vu près des côtes, le mystérieux et gigantesque requin-pèlerin est en danger

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Trois observations de requin-pèlerin, le plus gros poisson de Méditerranée, pouvant atteindre 12 m, ont été recensées les 18 et 19 avril dans l’Aude et les P-O. Une mission d’étude en mer est en cours pour connaître cet animal fragile qui ne mange que du plancton.

« Il est énorme ! » La surprise a été de taille pour ces pêcheurs qui se trouvaient au large de Port-la-Nouvelle (Aude), samedi, quand ils ont d’abord vu l’aileron, puis l’interminable silhouette qui ondulait sous l’eau devant eux : un requin de plus de six mètres… La scène a été filmée et rapidement commentée« Il s’agit d’un requin-pèlerin, c’est tout simplement le plus gros des poissons cartilagineux de Méditerranée, il peut atteindre 12 mètres et il est totalement inoffensif », indique le Montpelliérain Matthieu Lapinski, président d’Ailerons. L’association, justement, mène ces jours-ci une campagne en mer à la recherche de cet impressionnant animal qui reste mystérieux et rarissime. Dimanche, c’est pourtant du côté de Collioure (Pyrénées-Orientales) qu’un autre spécimen a été repéré.

« On était en train de lever les filets, il était à une cinquantaine de mètres de nous, à 500 m du bord, on a vu l’aileron, il venait tout doucement vers nous, ce n’est pas un rapide », raconte Georges Jaume, pêcheur d’Argelès. « Il était à la surface, il devait faire environ 4 m, c’était un jeune apparemment… Et quand il s’est approché vraiment de nous, il a plongé malheureusement. »

Entre 0 et 49 observations par an

Une troisième observation a également été documentée vers la frontière espagnole ce week-end. « Nous avons entre 0 et 49 observations par an sur toute la Méditerranée française, c’est très peu », poursuit Matthieu Lapinski, faisant référence au pic de 2017 où la cinquantaine de témoignages a été approchée. En fait, le pèlerin se montre uniquement au printemps, saison où l’eau est très riche en plancton qu’il dévore toute la journée.

« C’est un animal filtreur comme la baleine, on le voit au printemps parce qu’il y a des blooms planctoniques, il a des branchies spécialisées, il avale l’eau gueule ouverte, elle ressort par les ouïes et le plancton reste dans la bouche », détaille le guide naturaliste héraultais Thomas Roger (*). Il a eu l’opportunité de plonger à proximité d’un requin-pèlerin et a constaté son extrême « timidité. Il est inoffensif, on ne risque absolument rien. » Ce spécialiste rapporte que l’animal se voit beaucoup moins souvent qu’il y a vingt ou trente ans. Il est aujourd’hui classé espèce en danger d’extinction, sa pêche comme sa commercialisation sont interdites en France.

« On aime les dauphins, pourquoi pas le pèlerin ? »

« Il n’y a jamais eu aucune étude sur cette espèce qui ne se voit qu’en avril et en mai, après c’est le mystère, il n’y a aucune donnée scientifique » rappelle Matthieu Lapinski, joint lundi au large de Port-la-Nouvelle. Avec son association, il porte donc le projet PEL-MED, soutenu par la Dreal-Occitanie, en partenariat avec Apecs, leurs homologues bretons, spécialisés dans l’observation des requins en général et du pèlerin en particulier.

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L’idée : de l’observation mais aussi l’objectif de déposer une balise sur un spécimen ce qui n’a jamais été fait dans toute la Méditerranée. « Si on en voit, il faut faire attention, pour éviter les collisions, la pêche accidentelle. Nous voulons aussi le dédiaboliser, on aime les baleines, les dauphins, pourquoi pas les requins-pèlerins ? Il faut les protéger. »

(*) Notamment des sorties grands dauphins depuis Port-Camargue où des requins pèlerins peuvent potentiellement être observés en cette saison, informations sur découverteduvivant.fr

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