Au fort Vauban, les étudiants des Beaux-arts de Nîmes exposent "À ciel ouvert" et dialoguent avec l’esprit des lieux

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Les étudiants et les diplômés des Beaux-arts s’installent au fort Vauban à Nîmes pour une exposition pleine de sensibilité.

Depuis plusieurs années, l’école des Beaux-arts a créé un module d’enseignement Terrains et lieux, permettant à un petit groupe d’artistes étudiants et diplômés, d’expérimenter des situations extérieures, des contextes particuliers, des paysages, des lieux patrimoniaux. En ce printemps, pour l’exposition « À ciel ouvert », ils s’installent en plein air dans le fort Vauban de Nîmes pour une déambulation stimulante et pleine de charme.

Pour l’occasion, les jeunes créateurs ont travaillé avec l’artiste et commissaire Julie-Emile Fabre et leurs professeurs, Isabelle Simonou-Viallat et Augustin Pineau. Ils proposent une série d’œuvres dialoguant avec l’espace, avec l’époque, avec l’histoire de ce lieu d’emprisonnement devenu lieu d’émancipation par le savoir. Quelques œuvres s’immiscent avec discrétion, d’autres s’imposent de façon bluffante. C’est notamment le cas de Django Beal-Lacueille, diplômé en 2024, dont le projet MnemeSys-Echo 0,75 est d’un niveau muséal ! Pendant 9 mois, avec un micro, il s’est enregistré en continu. Grâce à une intelligence artificielle, cette archive sonore a été décortiquée, identifiant environ 10 000 mots. Le visiteur est invité à interroger la machine pour un voyage polyphonique dans cette mémoire. Il suffit d’appuyer sur un bouton, de prononcer un mot pour qu’un arc de haut-parleurs, ouvert sur le paysage, remonte le temps, brouille la frontière entre le passé et le présent, entre l’intime et l’extérieur et livre le mot autant de fois qu’il a été prononcé. L’œuvre est sans fin, à la fois ludique et fascinante.

Un travail bluffant autour de la mémoire

Le reste de l’exposition est moins spectaculaire mais, plein de sensibilité, invite à redécouvrir le fort Vauban avec un autre regard. Avec ses gousses de févier d’Amérique en céramique ou ses dessins sur plâtre insérés entre les pierres de la forteresse, « dans la peau du bâtiment », Brigitte Bertelle s’imprègne des lieux. Avec Avant, mais maintenant Nawara ElRamly parsème le parcours de cadres en bois dont un QR-Code permet de retrouver des photos anciennes. Les non-architectures de cannes de Provence s’agrippent au bâtiment, solides et légères. Mona Sagot s’amuse avec l’histoire de Nîmes avec ses crocodiles découvrant le trésor de la ville.

Lucas Lemesic picore, il cueille de menus déchets pour créer des sculptures modestes, des dessins dans l’espace. Quentin Blanchard crée une architecture très graphique, toute en volutes. Dans l’herbe, Linh Phan-Angevin présente Éclore, une installation faite d’œufs en céramique évoquant l’individualité et le savoir, la différence et la constance. Ces différents points de vue s’incarnent dans les visages peints par Lilou de Coninck, dans un grand patchwork suspendu dans les douves, comme une série de fragments à la fois étranges et familiers.

Brigitte Bertelle s’insère dans la peau du bâtiment.

Loumia Carnet joue aussi avec l’architecture, avec Tout ce qui brille, qui détourne les codes de la féminité avec des chaînes qui évoquent autant les bijoux que les anciens prisonniers. La question du genre est évoquée avec la fétichisation des pieds de Dharma et bisousbaveux. Elle prend une tournure plus dramatique avec la phrase « Nous sommes illisibles » en persan, sculptée en terre crue par la jeune Iranienne Fatemeh Taramshir. Sa sœur Atefeh construit une sculpture inquiétante et contraignante, violente, comme une prison au cœur de cette forteresse.

Jusqu’au 22 mai. Lundi au vendredi, 10 h-18 h ; samedi, 10 h-12 h. Unîmes, site Vauban, rue du Dr-Georges-Salan, Nîmes. Entrée libre. 06 71 53 10 78.

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