pourquoi l’eau de ce lac est-elle devenue fluorescente au sud de Toulouse ?

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On aurait pu croire à des retouches colorimétriques, à un photomontage ou à l’emploi d’un cliché tiré d’un autre site. Rien de tout cela, cependant. Les eaux du lac de la Thésauque – qui reflète habituellement le bleu du ciel – ont bel et bien pris, durant les premiers jours du mois d’avril, une teinte pour le moins inhabituelle tirant sur le vert fluorescent. Une « altération manifeste de l’aspect » de l’eau qui a poussé le gérant de l’Aquaparc Toulouse a réalisé quelques prélèvements afin que des analyses biologiques puissent être menées par les autorités compétentes.

D’autant que les activités du parc aquatique – qui allient structures gonflables, toboggans, location de pédalos, paddles et kayaks – doivent reprendre dans moins de deux semaines. Mais les badauds vont-ils pouvoir profiter pleinement – et en toute sérénité – de la baignade et des activités proposées sur ce lac situé au sud de Toulouse, à cheval entre les communes de Montgeard et Nailloux ? Rien n’est encore sûr. Voici ce que les résultats des analyses communiqués ce dimanche 26 avril révèlent.

Un phénomène lié aux conditions météorologiques ?

Au vu des premières constatations, et selon le rapport publié par le bureau d’études I.D. Eaux, ce changement de couleur des eaux du lac de la Thésauque serait consécutif à « une prolifération phytoplanctonique intense ». Elle-même liée, « au moins pour une partie », aux conditions météorologiques de l’hiver 2025-2026 et notamment à une pluviométrie particulièrement marquée ayant pu drainer « d’importantes quantités de nutriments organiques et minéraux ». « L’eau présente une coloration vert fluorescent très soutenue avec présence de volutes caractérisant la présence d’un matériel biologique en suspension », est-il décrit dans le rapport.

Si l’eau demeure encore verdâtre par endroit, elle ne semble plus aussi fluorescente qu’au début du mois d’avril. ©Angélique Passebosc – Voix du Midi Lauragais

Pour autant, ce dernier fait état d’une « absence de cyanobactéries », ces fameuses bactéries présentes dans les eaux douces de certains cours d’eau ou baignades de la région. Et qui peuvent présenter, lorsqu’elles prolifèrent, un danger pour la santé humaine et animale. Pas d’inquiétudes, donc, à avoir de ce côté-là.

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Des algues présentes de façon précoce et abondante

Mais alors, de quoi s’agit-il ? D’une prolifération d’algues « d’une intensité rare » et dont la survenue serait « très précoce » – ces « blooms » (efflorescences ou proliférations, pour les non initiés au langage scientifique) se produisant « plus volontiers en toute fin de saison estivale ». Les résultats ne trompent d’ailleurs pas :

La biomasse phytoplanctonique atteint un niveau extrême et rarement observé. La concentration en chlorophylle (a) qui la matérialise présente au 9 avril une valeur 40 fois supérieure au seuil d’alerte fixé par l’OMS à 50μg/L pour les aires de baignade (elle est de 1 989,22μg/L, NDLR).

I.D. Eaux dans son rapport d’analyses des eaux du lac de la Thésauque

Le bureau d’études précise que si ces algues sont non toxiques pour l’être humain, leur prolifération n’en reste pas moins « non dénuée de conséquences possibles ».

Baignade déconseillée

Car si le plan d’eau présente aujourd’hui encore un « aspect dégradé et peu engageant », cet épisode modifie surtout les conditions de pratique de certaines activités et en particulier de la baignade. Il est ainsi pour l’heure déconseillé de s’aventurer à la nage dans les eaux du lac de la Thésauque en raison notamment du peu de visibilité ici offert. « La forte présence » de ces algues « dégrade la qualité de l’eau et ne permet pas, à ce jour, de garantir une baignade dans de bonnes conditions », estime-t-on du côté de la communauté de communes Terres du Lauragais.

Par ailleurs, l’hypothétique persistance des euglénophytes – c’est le nom des algues en question – sur une longue période pourrait « remettre en cause l’ouverture de la baignade dans des conditions de sécurité acceptables », alerte I.D. Eaux dans son rapport. Tout en évoquant deux autres scenarii : la disparition des algues – qui reste l’éventualité la plus favorable – ou l’apparition de cyanobactéries avec une évolution du milieu, à moyen terme, imprévisible.

En attendant – et bien que l’aspect fluorescent semble s’être estompé -, il reste fortement déconseillé de se baigner. « Si vous choisissez malgré tout de le faire, il est recommandé de rester dans les zones peu profondes, de ne pas nager seul, de surveiller en permanence les enfants et de limiter les immersions prolongées », conseille-t-on du côté de Terres de Lauragais.


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