Millau et Saint-Affrique, les deux grandes villes du Sud-Aveyron ont toutes les deux changé de bord politique sur ces élections municipales.
Au soir du premier tour de ces élections municipales, Saint-Affrique était assurée d’avoir le visage de son maire. En revanche il avait été difficile de l’anticiper à Millau. Les deux maires sortants, Emmanuelle Gazel et Sébastien David, n’ont pas réussi à conserver leur siège respectif à la mairie. Bien que de bords politiques opposés, les deux édiles avaient réussi à avancer main dans la main sur des dossiers structurants pour le Sud-Aveyron, comme sur la question de l’hôpital commun.
Arnaud Viala, président du Département et chef de file de la droite en Aveyron, espérait que ces deux communes avancent dans la même lignée pour une main mise parfaite sur le territoire. Au cours de la campagne, il a insisté sur « la colonne vertébrale du Sud-Aveyron » et le « tandem » qu’auraient pu former Christophe Saint-Pierre et Sébastien David. Il n’en sera rien pour les sept prochaines années puisque Clément Carles est venu jouer les trouble-fêtes dans ce projet.
Hôpital commun : « Le projet doit avancer »
Pendant la campagne, le Saint-Affricain a rappelé à plusieurs reprises sa position sur l’arrivée de l’hôpital commun à Saint-Georges-de-Luzençon. Tout juste élu, il persiste et signe. « Le projet doit avancer en associant les médecins et les agents, en répondant à leurs craintes parce qu’il y en a, répond le nouveau maire. Les gens qui ont évoqué leurs craintes à la suite du départ du directeur de l’ARS ont fait de la petite politique parce que les partenaires sont déjà engagés et le projet avance. » Pas question en revanche de rogner sur la part saint-affricaine et le maire s’engagera pour que la Vilotte conserve une attractivité médicale. « On a besoin de garanties claires pour Saint-Affrique avec le maintien d’une ligne de Smur h24 et le maintien des services en phase de transition. On sera aussi vigilant au développement de nouvelles activités et sur ce qui nous a été promis, à savoir le moyen et long séjour. Être proactifs pour développer de nouvelles activités, c’est comme ça qu’on va pérenniser une nouvelle réponse sanitaire à Saint-Affrique pour être complémentaire avec le projet commun. On ne peut pas dire on arrête tout et on fait machine arrière. »
La campagne de proximité comme atout
À froid, le nouveau maire de Saint-Affrique analyse cette victoire sur plusieurs facteurs. D’abord, le bilan de Sébastien David."Je pense que les pratiques qu’il a eues pendant ces six ans de mandat ont joué." Mais aussi sur la campagne menée par ses adversaires. "Il y a eu de l’agressivité tandis que nous avons été proches des habitants, dans le porte à porte, dans les quartiers, les villages… Le projet qu’on porte et notre méthode ont compté."
Encourageant pour la suite du travail entre les deux municipalités pour que la pose de la première pierre se fasse dans les temps convenus sur la fin de mandat de leurs prédécesseurs. Ils avaient fait fi des étiquettes politiques pour avancer dans la même direction. « Même si j’ai cru lire que le maire de Millau savait déjà ma position sur le sujet », sourit le maire saint-affricain. Christophe Saint-Pierre a affirmé sa volonté de « se mettre autour de la table parce que ça reste un sujet majeur ». De son côté, il « l’avait défendu bec et ongles en 2020 », a-t-il rappelé au lendemain de son élection.
Tout ne tournera pas autour de l’hôpital à Saint-Affrique et d’autres défis attendent Clément Carles. « Très rapidement on va mettre en place l’audit financier sur les comptes de la ville pour avoir une base de travail claire et précise et voir quelles marges de manœuvre on va avoir pour mettre en place notre plan pluriannuel d’investissement. On va rapidement mettre en place le conseil citoyen et les outils pour transformer le cœur de ville sur des aspects commerciaux et sur l’habitat. On veut voir des vitrines se rallument, que les Saint-Affricains se projettent et voient le changement. » Là aussi, la dynamique des centres-villes est très attendue chez les électeurs. Une tendance qu’il est possible de décliner à plusieurs échelles tant la situation du commerce de proximité est préoccupante dans la majorité des communes de l’Hexagone.







