Le candidat de l’union de la gauche s’impose dans cette triangulaire avec 40,97 % des voix, devant le RN de Julien Sanchez qui fait une forte poussée (35,72 %) alors que LR sombre avec 21,5 % des voix.
Les scènes d’effusion de joie émanant de la cour du Prolé, le bar historique communiste de Nîmes, se sont fait entendre bien avant 20 h, au fil des estimations qui ne laissaient guère de place au doute. Vincent Bouget, le candidat communiste d’une gauche rassemblée – hors LFI qui n’avait pas atteint la barre des 5 % au premier tour – gagne la municipalité, fait majeur de ces élections en ex-Languedoc-Roussillon. Il succède à Jean-Paul Fournier, l’indéboulonnable maire Les Républicains (LR) depuis 2001, mais qui ne se représentait pas pour un cinquième mandat.
Cet enseignant en histoire-géographie de 46 ans s’impose dans une triangulaire avec 40,97 % des voix, devant Julien Sanchez, candidat RN, qui rallie 37,52 % des suffrages – il était arrivé en tête au premier tour avec 30,39 % – alors que Franck Proust, pour Les Républicains, désavoué, attire à peine plus qu’un électeur sur cinq (21,5 %).
La capitale gardoise rebascule à gauche 35 ans après l’unique mandat d’Alain Clary, lui aussi PCF (1995-2001) tout comme feu Émile Jourdan qui avait dirigé Nîmes pendant trois mandats, de 1965 à 1983. L’empreinte communiste sur la ville remonte même à Léon Vergnole, premier élu à la fin de la Seconde Guerre mondiale (1945-1947).
Ce second tour a été marqué par une mobilisation plus importante des électeurs, faisant – un peu – oublier la faible participation du premier tour qui avait atteint 51,77 %. Ils étaient 57,85 % à s’exprimer dimanche, ce qui a bénéficié au nouvel élu.
Vincent Bouget a rallié 21 997 personnes sur sa candidature contre 14 251 voix au premier tour, le 15 mars, lui qui avait attiré moins de 4 500 électeurs en 2020, au second tour face à Jean-Paul Fournier (il avait obtenu 26,47 %)… Dans les quartiers populaires notamment, comme il y a une semaine, il a su convaincre.
« Ce matin (dimanche, NDLR), j’étais content de voir des jeunes du quartier et de mon immeuble voter pour la première fois, il y avait beaucoup plus d’enveloppes dans l’urne que la semaine dernière, j’ai passé la semaine à les convaincre », abonde un habitant de Pissevin et supporter du candidat.
La droite républicaine perd sa seule grande ville
Le nouveau maire a aussi bénéficié du report des voix de l’Insoumis Pascal Dupretz (4,46 % au premier tour). Il a également profité de la claque reçue par la droite républicaine qui perd la plus grande ville glanée par LR aux élections municipales de 2020. Divisée, elle s’était affrontée au premier tour entre les deux héritiers putatifs de droite de Jean-Paul Fournier, Franck Proust (LR) et Julien Plantier (DVD).
Le second, arrivé en 4e position avec 15,55 %, a finalement rallié son meilleur ennemi crédité de 19,55 %.
« Quand on additionne nos deux listes, c’est une fusion avec 35,1 % », avait alors calculé Franck Proust entre les deux tours. Las ! Il n’a attiré dimanche que 2 280 électeurs supplémentaires, preuve que les Nîmois n’ont pas du tout adhéré à cette alliance, sachant qu’un peu moins de 7 400 électeurs avaient choisi Julien Plantier.
En revanche, ils ont donc été nombreux à entendre les sirènes du Rassemblement national qui confirme son fort ancrage dans le Gard, en sus de la victoire à Bagnols-sur-Cèze.
Julien Sanchez, sentant que le parti d’extrême droite pouvait l’emporter, la ville de 150 000 habitants étant même une cible privilégiée, avait appelé chaque électeur de droite « à bien réfléchir ». Il a fait grimper son score à 37,52 %, gagnant 5 731 voix entre les deux tours. Insuffisant : Vincent Bouget le devance de 1852 voix.
« La montée du RN est une vraie inquiétude pour le pays, cette victoire de la gauche fait du bien », a réagi de son côté Carole Delga, la présidente de Région, arrivée à l’Hôtel de ville vers 21 h, pour célébrer Nîmes et mieux oublier Toulouse.








