Une étude de l’Insee confirme le phénomène d’allongement de la saison touristique, qui s’étire désormais jusqu’à l’automne. "Le réchauffement climatique" et "les évolutions des choix de consommation", amènent les touristes à modifier leurs destinations de voyages.
Avec 55 millions de nuitées en 2024, la région Occitanie se situe « au cinquième rang des régions de France métropolitaine les plus fréquentées » par les vacanciers, confirme une étude de l’Insee, qui montre également que le tourisme croit moins vite dans la région que dans les autres régions françaises. Ainsi, « entre 2012 et 2024, la fréquentation des hébergements collectifs touristiques d’Occitanie progresse de 4,5 % », quand celle des autres régions croît de 11 %.
Cette évolution cache une tendance de plus en plus prégnante, qui est l’évolution des modes de consommation du tourisme. Avec une hausse du nombre des nuitées de 19,4 %, l’hôtellerie de plein air affiche une bien meilleure santé que les hôtels et les autres hébergements collectifs touristiques, qui voient le nombre de leurs nuitées baisser de, respectivement, 4,7 % et 12,6 %. Les changements dans les comportements des vacanciers s’expliquent de différentes manières.
« Le tourisme des retraités se développe »
En effet, selon l’Insee « des facteurs multiples peuvent influer sur l’évolution de la fréquentation touristique ». L’institut cite ainsi « le réchauffement climatique », qui « entraîne une hausse de la fréquence des canicules en été ». La situation « peut conduire les touristes à modifier leurs choix de destinations ou à décaler la période habituelle de leurs séjours ». Cette dernière évolution est déjà observable depuis plusieurs années. La saison touristique s’étire désormais sur plusieurs mois, elle n’est plus concentrée sur les seuls mois de juillet et août.
« Depuis 2012, le tourisme se développe au printemps et s’atténue en été en Occitanie », dit l’Insee. Avec le vieillissement démographique, « le tourisme des retraités se développe », particulièrement hors des périodes de congés scolaires ou estivaux. Le tourisme d’avant-saison a la cote. « Entre 2012 et 2024, le mois de mai contribue à lui seul à plus de la moitié de la hausse de fréquentation des hébergements collectifs touristiques de la région ». La hausse de mai est, de plus, « portée à la fois par des touristes résidant en France et par ceux en provenance de l’étranger, en particulier d’Allemagne ».
Les hôtels pâtissent de l’essor des locations saisonnières
Le développement des lignes aériennes, plus particulièrement celles opérées par les compagnies low cost (à bas coût) a contribué, depuis les années 2000, à l’évolution de la période de fréquentation touristique, dès le printemps. L’Insee note que la fréquentation sur les mois d’avril et juin n’augmente « que pour les touristes résidents ». Enfin, le mois de septembre « contribue à un cinquième de la hausse totale de fréquentation sur la période 2012-2024 ».
Enfin, l’évolution de consommation touristique a fait une victime : les hôtels. L’étude montre que sur la période étudiée, la fréquentation hôtelière baisse de 5 %. L’Occitanie est même « la seule région où la fréquentation des hôtels recule entre 2012 et 2024 ». Les hôtels pâtissent notamment de « l’essor des locations saisonnières sur les plateformes numériques ».








