Liquidation d’Alinéa : face aux clients en quête de bonnes affaires, les salariés bientôt licenciés tentent de faire bonne figure

admin
Par
admin
5 min de lecture

Ce samedi 28 mars, le magasin Alinéa de Pérols fermera définitivement ses portes, victime de la liquidation judiciaire de l’enseigne. Au milieu des rayons presque vides, on croise des clients en quête de bons plans, et des salariés qui voient la fin de l’aventure approcher.

Sur la double porte battante, sous l’enseigne Alinéa accrochée pour quelques jours encore, les derniers clients sont accueillis par des photos. Et des parcours professionnels. Près de trente ans d’ancienneté pour les plus expérimentés, douze mois à peine pour les derniers arrivés dans l’entreprise.

« On assiste à la mort d’un magasin »

Le mot « licencié » barre de rouge le visage de la trentaine de salariés du magasin de Pérols, l’un des trente-cinq de l’enseigne d’ameublement visé par une liquidation. Après avoir accumulé les pertes financières, la marque du groupe Mulliez a été placée en redressement judiciaire en novembre 2025. Puis l’espoir de voir perdurer Alinéa s’est effondré en février, avec le retrait de la principale offre de reprise.

Ce samedi 28 mars, le magasin Alinéa de Pérols fermera définitivement ses portes. Midi Libre – GIACOMO ITALIANO

À Pérols, où le rideau se baissera définitivement ce samedi 28 mars à 19 h, le déstockage a fonctionné. Il ne reste plus grand-chose à l’intérieur du local de la rue Bir Hakeim. « On est venu de loin, avec l’espoir de faire des bonnes affaires. Malheureusement on arrive un peu tard », glisse Catherine. La retraitée déambule, un peu perdue, entre les rayons vides. « C’est glaçant. On a connu cet endroit plein, bien éclairé. Il y a quelque chose d’extrêmement triste. On assiste à la mort d’un magasin. »

Un sentiment partagé par Agnès, qui retourne bredouille à sa voiture. « Je suis passée en coup de vent, pour voir. Mais je me suis sentie très mal à l’aise face au personnel, toujours souriant malgré la situation. Certes -50 %, dans cette période de crise, ça vaut le coup. Mais ça fait un peu vautour, aussi… » Pourtant, d’autres clients n’ont pas hésité « à se disputer des produits » ou à « faire le déplacement par voyeurisme », confie l’une des salariés.

« On va se dire au revoir, puis chercher du boulot… »

Un canapé, quelques chaises de jardin, deux verres à pied oubliés sur une étagère… Hélène (*) évoluent désormais dans un drôle de tableau, elle qui travaille chez Alinéa depuis près de vingt ans. « C’est un sentiment étrange. On a perdu notre job et c’est devenu de plus en plus concret au fur et à mesure que les rayons se vidaient. On a plus de boulot et samedi soir on va devoir se dire au revoir en collègues. Cette liquidation, c’est aussi une aventure humaine qui s’achève. »

Hasard du planning, elle sera parmi les derniers à quitter les lieux. « Le dernier client, ça va nous faire tout bizarre. On avait noué des liens avec eux. Beaucoup nous glissent un « bon courage » quand ils quittent le magasin pour la dernière fois. J’ai même une dame qui m’a pris dans ses bras. Mais collectivement, on refuse la tristesse. Le temps de la colère et des larmes est passé. Maintenant on va se dire au revoir, puis chercher du travail… »

Alinéa, la fin d’une enseigne du sud de la France

C’est à Avignon que l’enseigne d’ameublement et de décoration Alinéa ouvre son premier magasin, en 1989, quelques mois après sa fondation par Alain Mitaux-Maurouard. Une dizaine d’années plus tard, la marque entame son développement et implante dès 1997 son second magasin à Montpellier. Elle en compte aujourd’hui trente-cinq à travers la France. Mais il y a une dizaine d’années, les ennuis financiers se font jour. En 2020, le groupe est placé une première fois en redressement judiciaire, puis sauvé au prix de licenciements et de nombreuses fermetures de magasins. Il l’est à nouveau en novembre 2025, mais cette fois aucune solution de reprise n’est trouvée.

(*) Prénom d’emprunt.

Source link

Partager cet article
Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

parcontre.fr