Comme il s’est présenté sans avocat, le quadragénaire a attendu tout l’après-midi avant de s’avancer à la barre du tribunal correctionnel de Saint-Nazaire, deux flyers en mains, pour répondre de menaces de mort sur le maire de la ville, David Samzun. Ce mercredi 8 avril 2026, il s’agit d’une comparution immédiate pour des faits remontant au vendredi 20 février, soit avant les élections municipales.
« J’ai menacé de parler, pas de tuer »
Ce jour-là, cet homme qui vit dans son camion et se déclare artiste, s’est présenté à la permanence du sénateur Philippe Grosvalet, donnant ses affichettes, avant de continuer sa distribution dans la zone commerciale du Ruban Bleu, « sans but précis, pour les offrir en dédicace ».
Sur le flyer, l’homme de 44 ans s’adresse au premier élu :
« Je ne cède pas à la pression, David… jusqu’à aujourd’hui, plus de trois ans, tu ne m’as pas demandé pardon. »
La photo du maire y apparaît derrière une cible de tir.
Passablement énervé, le prévenu explique qu’il en veut au premier édile de la cité navale, parce que trois ans plus tôt, son véhicule lui a été enlevé.
Reconnaissant une enfance dramatique, qu’il n’a pas souhaité évoquer, cet homme célibataire, sans enfants, était poursuivi pour menaces de mort.
Intervention des agents de sécurité
La procureure a précisé qu’il s’agissait de « menaces de commettre un crime ou un délit ».
Le prévenu a vivement réagi :
« C’est une menace de mots, j’ai menacé de parler, pas de tuer… Est-ce qu’on peut tuer avec des mots ? »
Son expertise psychiatrique montrant ses troubles psychotiques et l’altération de ses facultés mentales expliquent vraisemblablement son attitude.
Il jette de nombreux petits papiers sur le sol, hausse le ton, à tel point que les agents de sécurité accourent dans la salle d’audience, déclarant en direction de l’expert : « C’est lui qui délire ».
Le juriste de la mairie et de Saint-Nazaire Agglo a demandé et obtenu l’euro symbolique, après avoir déclaré :
« Le maire a subi un préjudice moral, réputationnel et d’honneur ».
La procureure ayant considéré que la cible était une image de violences, et ayant requis une première condamnation au casier, soit trois mois de prison avec sursis, le mis en cause a remis à la présidente, une affichette sur la justice à deux vitesses et poursuivi son monologue :
« Je m’exprime avec violence, car il est chef et un chef doit être digne et il n’est pas là, donc il ne l’est pas. Il y a trois ans, on m’a tout pris… Mon intention était d’interpeller… »
Il a été condamné à une amende de 500 € avec sursis.
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