Avec la baisse démographique, des suppressions de postes d’enseignants annoncées à la rentrée dans l’Hérault : l’inquiétude monte

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Dans l’Hérault, enseignants et parents d’élèves se mobilisent contre les suppressions de postes prévues à la rentrée dans le cadre de la nouvelle carte scolaire. Réunis le 1er avril, syndicats et FCPE craignent la menace qui pèse sur une vingtaine de postes d’enseignants et jusqu’à 30 fermetures de classes.

Depuis le début de la semaine, les professeurs et parents d’élèves se mobilisent contre les suppressions de postes d’enseignants prévus à la rentrée 2026-2027 dans l’Hérault, dans le cadre de la nouvelle carte scolaire. Des discussions sont encore en cours jusqu’au mardi 7 avril. À l’occasion d’une réunion publique, mercredi 1er avril, les représentants de la Fédération des conseils de parents d’élèves 34 (FCPE) et du Syndicat national unifié des directeurs, instituteurs et professeurs des écoles de l’enseignement public FO 34 (Snudi-FO) ont exposé les conséquences de ces amputations de postes.

Appels de parents en colère

« Certaines suppressions sont des surprises pour des écoles. On reçoit pas mal d’appels de parents inquiets, en colère. Ce n’est pas comme si ce phénomène intervenait après des années de vache grasse », se désespère la présidente de la FCPE 34 Marie Nikichine. « On nous parle de 24 élèves par classe mais ça reste une moyenne. Certaines écoles seront à moins tandis que d’autres établissements vont être proches des 27 à 28 élèves », alerte-t-elle.

Avec la nouvelle carte scolaire (opération annuelle durant laquelle l’inspection académique répartit les moyens disponibles, en postes et en classes, entre les différentes écoles et communes en vue de la rentrée), une vingtaine de postes d’enseignants sont menacés dans le premier degré dans l’Hérault, ce qui pourrait engendrer une trentaine de fermetures de classes selon les syndicats.

« L’argument annoncé est une fable »

Ces derniers mettent en avant une baisse de budget alloué à l’Éducation nationale. « L’argument annoncé, c’est la baisse démographique dans le département pour l’année prochaine mais c’est une fable. Il y a une perte de 1 818 élèves sur 604 écoles, ça fait une baisse de 3 élèves par établissement. C’est totalement minime », juge Sabine Raynaud, secrétaire Snudi-FO 34, avant de prendre des exemples. « Une école perd sept élèves, une autre quatre, une dernière zéro. Pourtant, toutes doivent fermer une classe. »

« Si toutes les conditions étaient réunies avec des AESH (Accompagnant des élèves en situation de handicap) présents et des enseignants qui soient en capacité d’avoir 28 élèves dans leur classe, ce serait gérable mais ce n’est pas le cas », regrette la vice-présidente de la FCPE départementale Btissam Aboubeker. « On a l’impression que les évolutions sont prises en compte uniquement quand ça baisse », enchaîne-t-elle.

Pour des parents, les fermetures de classes rajoutent des contraintes supplémentaires comme c’est le cas par exemple à l’école maternelle Teresa à Aiguelongue. « Les parents n’ont pas pu inscrire leurs enfants dans le secteur parce qu’elle est pleine. L’année dernière, on aurait mieux fait de ne pas fermer la classe. Certains doivent se dépêcher pour emmener leur enfant ailleurs », détaille Marie Nikichine. Derrière les chiffres, ce sont surtout les conditions d’apprentissage qui risquent, une fois de plus, de payer l’addition.

« Una baisse moitié moindre que ce qu’elle aurait pu être » selon le rectorat

Contacté, le rectorat indique que "ses services sont pleinement mobilisés depuis l’automne 2025 pour préparer la future rentrée scolaire. Celle-ci sera marquée par une baisse démographique nationale (moins de 150 000 élèves à l’échelle nationale) importante du nombre d’élèves. Cette baisse démographique se retrouvera au sein de l’académie de Montpellier avec moins de 4 600 élèves dans le premier degré public et moins de 1 700 élèves dans le second degré public."

Dans ce contexte, l’académie de Montpellier annonce avoir fait "le choix fort de préserver ses ressources pour soutenir la réussite de chaque élève. Il y aura 75 emplois enseignants de moins pour le premier degré et 73 en moins pour le second degré. Cette diminution sera moitié moindre que ce qu’elle aurait pu être en s’appuyant sur la seule logique comptable."

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