Bérénice Pichat, auteure du roman La Petite bonne, en clôture du festival Femmes du monde à Bagnols-sur-Cèze

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À l’occasion de la clôture du festival Femmes du monde, la médiathèque de Bagnols-sur-Cèze reçoit, mercredi 25 mars à 18 h, Bérénice Pichat, autrice du roman La Petite Bonne, qui a notamment reçu le Prix des libraires en 2025.

Vous venez à Bagnols-sur-Cèze dans le cadre du festival Femmes du monde. Comment décririez-vous les femmes de votre livre : la petite bonne et Alexandrine ?

Elles se trouvent dans des situations sociales diamétralement opposées : la petite bonne est très humble, discrète, invisible, alors qu’Alexandrine fait partie d’une certaine bourgeoisie, avec des privilèges et des droits. Malgré tout, l’une comme l’autre sont empêchées par leur situation sociale et par une culpabilité qui les ronge. Quel que soit leur niveau social, ce que les personnages recherchent, c’est la liberté. La liberté de savoir à qui appartiennent leurs corps, leurs vies et leurs décisions. La petite bonne a subi un avortement. Blaise est mutilé et se demande que faire de ce corps qui lui est devenu inutile. Alexandrine, elle, du fait de sa position d’épouse et d’aidante, son corps est socialement mutilé.

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Le corps prend une place importante dans votre roman, notamment dans cette scène où la petite bonne décide de montrer son corps meurtri au moment de laver Blaise, gueule cassée dont elle s’occupe. Comment avez-vous écrit ce passage ?

Quand mes personnages se retrouvent dans une situation inhabituelle, je me pose la question de savoir comment ils pourraient gérer cette situation-là. Alors, ce n’est pas forcément ce que moi, je ferais. Là, devant l’humiliation et la difficulté, face à son maître blessé, mon personnage s’est demandé comment faire les choses en douceur. L’option, pour elle, a été de se mettre à égalité, entre corps dénudés et meurtris. Après coup, il y a plein de gens qui sont venus me voir en me disant qu’ils avaient fait la même chose avec des parents à laver pour se retrouver dans une situation d’égalité et pour que chacun le vive le mieux possible. Il y a même des formatrices d’aides-soignantes qui se proposent d’utiliser le livre pour le faire lire à leurs élèves.

« Cette petite bonne est apparue avec sa démarche, sa façon de penser très introvertie »

Pourquoi avez-vous choisi d’écrire les passages concernant la petite bonne en vers libres dans votre roman ?

J’avais lu À la ligne de Joseph Pontus. Cette façon qu’il a de traiter le monde ouvrier en utilisant le vers libre pour raconter son expérience dans l’usine, j’ai trouvé ça très fort et très marquant. C’est vrai que je n’avais jamais vu ça avant. Je me suis donc demandé comment cela ferait si moi, j’essayais d’écrire en vers libre. Et au lieu de voir surgir un ouvrier comme celui de Joseph Pontus, moi, c’est cette petite bonne qui est apparue avec sa démarche, sa façon de penser très introvertie et en même temps tout en répétition et en détermination.

Rencontrer des lecteurs autour de ce livre un an et demi après sa parution, est-ce pour vous un moyen de continuer à le faire vivre ?

Oui, c’est formidable aussi parce que ce livre a plu à beaucoup de gens et beaucoup de personnes continuent à m’inviter hyper régulièrement. J’ai des dates jusqu’à novembre pour La Petite bonne, je dois même refuser des invitations. Je vais sortir un autre livre fin août, donc il va falloir un moment qu’on passe à autre chose.

De quoi traitera-t-il ?

C’est une histoire qui va se dérouler pendant la Seconde Guerre mondiale, qui va traiter du marché noir et du fait que les gens n’avaient rien à manger en ville. Ce sujet m’a posé la question des choix que cela amène à faire : est-ce que ce sont toujours les bons choix, sachant qu’à l’époque, on ne savait pas comment la guerre allait se terminer ?

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