"C’est devenu invivable" : infiltrations d’eau à répétition, les Restos du cœur, avenue de la Marne, à Béziers, ferment leurs portes

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Confronté à des problèmes d’infiltration d’eau, le local des Restos du cœur de l’avenue de la Marne, à Béziers, doit fermer ses portes cette semaine. Plus de 500 foyers et familles bénéficiaires sont privés d’aide alimentaire.

Un trou béant dans le plafond, le plic-ploc incessant des gouttes qui s’écrasent dans les seaux et bassines de fortune, des murs imbibés d’eau, un sol inondé… Le local des Restos du cœur, avenue de la Marne, à Béziers, prend l’eau de toutes parts et doit fermer ses portes.

Le premier incident remonte à la mi-février : imbibée d’eau et victime de la gravité, une plaque du plafond s’effondre au sol. Les responsables de l’antenne font alors appel à leur bailleur, l’OPH Agglo Méditerranée.

Une situation bloquée

Un plombier est dépêché par l’office HLM et répare (apparemment) la fuite mais, las, dix jours plus tard, les infiltrations reprennent, plus violentes. Depuis, l’eau s’invite partout : plafonds, murs, installations électriques. « C’est devenu invivable », confient les bénévoles, qui ont dû priver d’électricité une partie du local pour éviter tout accident.

Le plafond s’est écroulé et l’eau continue de s’infiltrer, avec des risques pour les installations électriques. Diane Petitmangin

Depuis lors, la situation reste bloquée. Le bailleur évoque des difficultés d’intervention, entre indisponibilité de plombiers et contraintes d’accès à un logement situé au-dessus des Restos. « L’OPH reconnaît le problème, mais rien n’avance, regrettent les bénévoles. D’ailleurs, il ne prend même plus nos appels… »

Ouverture de la campagne d’été

Jusqu’à la semaine dernière, l’équipe de bénévoles, forte d’une quarantaine de membres, s’accrochait. Seaux, serpillières et système D permettaient encore d’assurer les distributions. Mais face à l’aggravation des dégâts et aux risques pour la sécurité de tous, décision est prise de baisser le rideau.

Un arbitrage lourd de conséquences : l’association fondée par Coluche est actuellement en pleine période d’inscription pour la campagne d’été des bénéficiaires (ouverte le 9 mars, elle se poursuit jusqu’au 30).

Car derrière ces murs détrempés, il y a des visages : familles avec enfants, personnes âgées, étudiants… Ils sont aujourd’hui plus de 500 foyers bénéficiaires et demain « plus de 700, au vu des nouvelles inscriptions déjà enregistrées » à être privés de l’aide alimentaire.

L’antenne Courbet déjà saturée

L’autre antenne de la ville, rue Amiral-Courbet, déjà saturée, ne pourra pas absorber cet afflux de personnes. « D’autant que beaucoup de bénéficiaires sont sans moyen de transport ou trop âgés pour s’y rendre ».

Sur place, les bénévoles oscillent entre fatigue et découragement et jonglent entre logistique et nettoyage d’urgence pour tenter de sauver denrées et matériel. « On a l’impression de se battre contre un mur », confient-ils. D’autant que ces infiltrations ne sont pas nouvelles : depuis des années, les fuites reviennent, les dégâts replâtrés, sans solution durable.

Plus de 500 foyers sur le carreau

« On est en train de laisser de nombreuses familles sur le carreau et je suis surprise du manque de réactivité de l’office HLM, indique Anita Barone, la responsable départementale des Restos du cœur. On risque de perdre énormément de marchandises. En ces temps difficiles où une partie de la population peine à se nourrir, il faut absolument trouver une solution, même provisoire… »

En attendant, les bénévoles vont tenter, cette semaine, de rapatrier certaines étagères vers l’avant du magasin, « pour réorganiser l’aide et assurer le service, notamment pour les mamans et les tout jeunes enfants ».

Alors que la précarité et la pauvreté progressent et que les demandes explosent, ceux qui viennent en aide aux plus démunis se retrouvent eux-mêmes en difficulté. La solidarité n’est plus ce qu’elle était…

Pour l’office HLM biterrois, la situation est complexe et délicate

Pour l’OPH Béziers Méditerranée Habitat, la situation est plus complexe qu’il n’y paraît. "Nous suivons de près cette affaire et l’entreprise que nous avons mandatée est déjà intervenue deux fois, indique Bénédicte Rajnic, la toute nouvelle directrice de l’office HLM. La 1re, sur la colonne des eaux usées et la 2e, sur le conduit d’alimentation en eau froide" du logement situé au-dessus du local des Restos". Mais l’entreprise aurait refusé d’intervenir une 3e fois en raison de sérieux problèmes d’hygiène dans l’appartement. "Nous avons alors sollicité nos collègues du CCAS pour qu’ils convainquent ces personnes de désengorger leur logement et nous laisser opérer un nettoyage d’ampleur. Ensuite, on procédera aux réparations. Mais ces personnes n’ont pas voulu ouvrir en raison du ramadan et le CCAS doit y retourner mardi ou mercredi", poursuit Bénédicte Rajnic, qui insiste sur le nécessaire respect des personnes et des procédures et souligne l’état de santé fragile des locataires.

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