Délaisser son entourage au profit de son téléphone : connaissez-vous le phubbing, ce mal moderne qui met à mal nos relations sociales ?

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Devenu un véritable réflexe à l’ère du numérique, le fait de snober son entourage au profit de son smartphone peut grandement nuire à nos interactions sociales. Midi Libre revient sur ce phénomène si répandu qu’il a un nom : le "phubbing".

Saisir son téléphone après une notification alors que nous sommes en pleine conversation. Ce geste, presque devenu un réflexe pour une majorité d’entre nous, porte un nom : le « phubbing ». Contraction des mots anglais phone (téléphone) et snubbing (snober), ce néologisme né en 2012 décrit le fait de snober son interlocuteur au profit de son smartphone, au risque de détériorer la qualité des échanges et les relations sociales.

Selon les recherches de l’application RescueTime, un adulte passe en moyenne plus de trois heures par jour sur son smartphone et le manipule environ 58 fois quotidiennement. Pour cause : les notifications et actualisations des applications et réseaux sociaux déclenchent des réponses neurobiologiques associées au système de récompense.

Chaque vibration du téléphone, chaque notification, est interprétée par l’organisme comme une récompense imprévisible et peut procurer un pic de dopamine dans le cerveau. Et cela vient encore renforcer l’habitude de vérifier son téléphone.

Source d’anxiété numérique

Ce phénomène est étroitement lié au syndrome du Fomo (fear of missing out), cette peur constante de rater une information ou une interaction sociale. Des études récentes citées par Sud Ouest confirment une corrélation forte entre le phubbing et cette anxiété numérique, pointant également des liens avec des symptômes dépressifs.

Le téléphone devient alors un outil d’évitement pour combler un silence ou échapper à une discussion inconfortable, ce qui, à terme, peut amoindrir les compétences interpersonnelles et l’empathie.

Miser sur la communication

Car les conséquences sur l’entourage sont concrètes : « Cela peut donner l’impression qu’on n’est pas à la bonne place, qu’on n’a pas l’attention que l’on mérite », explique auprès de l’Edition du Soir Vanessa Lalo, psychologue clinicienne spécialisée dans les pratiques numériques.

Dans le couple, cette pratique augmente les conflits et la distance émotionnelle. Chez les enfants, le phubbing parental est particulièrement délétère : il est associé à une baisse de l’estime de soi, à des troubles du sommeil et à une fragilisation du développement socio-émotionnel.

Toutefois, la psychologue clinicienne appelle également à la nuance. Le phubbing n’est pas toujours grave et dépend du contexte. Des solutions simples et basées sur la communication existent, comme désactiver les notifications sonores, s’excuser si l’on doit consulter une urgence, ou adopter des règles collectives.

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