Le directeur général de Huron-Graffenstaden SAS a été mis en examen pour exportations illégales de biens à double usage vers la Russie, en violation des sanctions de l’Union européenne, a indiqué une source judiciaire à l’AFP ce samedi 11 avril. L’enquête, ouverte en 2025 par le Parquet national antiterroriste, vise un système de contournement via l’Inde. Plusieurs gardes à vue et saisies ont été réalisées fin mars.
Le directeur général d’une société française spécialisée dans la fabrication de machines-outils a été mis en examen pour l’exportation de ces biens vers la Russie, en violation des embargos instaurés par l’Union européenne, a indiqué une source judiciaire.
Le dirigeant de l’entreprise Huron-Graffenstaden SAS, mis en examen notamment pour exportation en contrebande de biens à double usage civil et militaire, a été placé sous contrôle judiciaire, a ajouté cette source, en précisant que ces décisions étaient conformes aux réquisitions du Parquet national antiterroriste (Pnat).
Un véritable « système d’exportations faudruleuses »
Le Pnat avait ouvert le 9 octobre 2025 une enquête préliminaire « à la suite d’une plainte du directeur général des douanes » et après « un contrôle réalisé en avril 2024″ par les douanes, a indiqué la source judiciaire.
Les dirigeants de Huron-Graffenstaden SAS, société française rachetée par l’entreprise indienne Jioty CNC, sont « soupçonnés d’avoir mis en place, à compter de 2022, un système d’exportations frauduleuses vers la Russie, via l’Inde, de machines-outils, classées comme biens à double usage, soit des produits susceptibles d’avoir une utilisation tant civile que militaire », selon la source judiciaire.
Et ce donc « en contrevenant sciemment à la législation de contrôle de l’exportation de ce type de biens et en violation des embargos instaurés par l’Union européenne, renforcés en 2022 en suite de l’agression militaire de l’Ukraine par la Russie ».
Le 31 mars, quatre personnes, membres ou anciens membres de Huron-Graffenstaden SAS, dont son directeur général, ont été placés en garde à vue, tandis que plusieurs comptes bancaires, pour un montant proche de 4 millions d’euros, ainsi que deux biens immobiliers ont été saisis.








