"FOWT", sommet mondial qui réunit experts, industriels, chercheurs et institutionnels, s’est tenu cette semaine à Montpellier. Avec l’espoir d’entrer dans une phase enfin industrielle.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu était attendu à Montpellier. Espéré même. Les acteurs de la filière naissante de l’éolien offshore flottant, réunis en Occitanie pour leur 15e sommet mondial, auraient souhaité que le chef du gouvernement profite de l’occasion pour faire les annonces indispensables au passage « à une phase industrielle« , après des années d’expérimentation qui se sont concrétisées, notamment, par l’installation de trois parcs pilotes en Méditerranée, dont deux en Occitanie, au large de l’Aude ; le premier connecté au réseau en ce début d’année doit alimenter 50 000 personnes en électricité.
« En 2010, le moratoire de Nathalie Kosciusko-Morizet (alors ministre de l’Écologie, NDLR) sur le photovoltaïque, au moment où les ingénieurs travaillaient au déploiement de nouveaux panneaux, avait effondré la filière. Il faut le garder en tête, car si l’État ne se décide pas sur l’éolien flottant alors qu’il y a urgence à décarboner – et le contexte géopolitique actuel nous le rappelle cruellement –, ce sera de fait un moratoire de trois ans, avec les mêmes conséquences pour des acteurs pourtant prêts« , a prévenu en ouverture du sommet, le vice-président de la Région Bretagne Daniel Cueff. Alors que des annonces seraient promises « pour la semaine prochaine« , l’élu s’est joint à ses pairs de la Région Sud, des Pays de la Loire et d’Occitanie pour souffler, depuis Montpellier, un vent de pression vers le plus haut sommet de l’État. « Un pack qui veut transformer l’essai« de ces parcs pilotes jugés suffisamment performants pour accélérer.
Des objectifs ambitieux
« On a besoin que l’État lance de nouveaux appels d’offres pour les extensions des futurs parcs éoliens en Atlantique comme en Méditerranée ; on a besoin qu’il publie le cahier des charges sur la construction des flotteurs et des turbines : on a besoin qu’il accélère les dossiers… Bref, la filière veut être rassurée et sentir une vision politique et stratégique sur les dix-quinze prochaines années« , a appuyé le régional de l’étape, l’Audois Didier Codorniou qui pilote le dossier pour la Région Occitanie.
Celle-ci se veut ambitieuse en matière d’éolien flottant, à l’image des objectifs nationaux confortés par la programmation pluriannuelle de l’énergie qui a enfin été publiée après des mois de tergiversations politiques. Sur les 45 GW que la filière doit produire en France à l’horizon 2050, le golfe du Lion pourrait fournir plus de 2 GW. Une première ferme commerciale doit d’ailleurs être construite avec 80 éoliennes pour une puissance totale de 500 MW.
Un potentiel de 3 500 emplois à Port-la-Nouvelle
« Cela représente, rien que sur Port-la-Nouvelle, un potentiel de 3 500 emplois, des nouveaux métiers liés à la croissance bleue. C’est considérable et c’est aussi pour cela que l’Occitanie, comme les autres régions, a réalisé des investissements important dans ses ports, Sète en plus de Port-la-Nouvelle, pour accompagner cette filière« , a poursuivi Didier Codorniou.
Ses homologues ont confirmé le savoir-faire, français et européen. Décrit « les études qui ont permis de connaître des sujets qu’on ne questionnait même pas et de déterminer que ces éoliennes n’ont pas d’impact sur la biodiversité marine ou la pêche« . Ils assurent aussi que si la phase de démonstration a forcément coûté cher, « le passage a l’échelle industrielle« réduira les coûts, et ce sommet à Montpellier autour des acteurs industriels venus partager leur expérience doit le démontrer. Reste donc à l’État à lever tous les freins administratifs pour permettre à la filière de passer à la vitesse supérieure et de ne pas se faire doubler par la concurrence internationale, notamment chinoise. À Sébastien Lecornu de souffler… le chaud.







