"Il l’a tuée pour ne pas qu’elle le dénonce" : au procès du meurtre de Sihem, un condamné à perpétuité mais un mobile mystérieux

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Mahfoud Hansali, 42 ans, était jugée pour avoir tué Sihem, 18 ans, près d’Alès, le 26 janvier 2023. Il a reconnu l’avoir asphyxiée mais pas étranglée.

À l’immense « besoin de justice » exprimé dignement par la famille de Sihem, cette jeune femme de 18 ans retrouvée étranglée et en partie dénudée, dans un sous-bois près d’Alès, le 2 février 2023, la cour d’assises du Gard a répondu fermement.

Mercredi 25 mars, Mahfoud Hansali, 42 ans, dont plus de la moitié déjà passée en prison, a écopé de la réclusion criminelle à perpétuité. La peine la plus lourde à la hauteur du crime commis dans son appartement une semaine avant la découverte du corps qu’il avait dissimulé sous des branches. Sihem, qui était la babysitter des trois enfants de Hansali et Sabrina, la cousine de la défunte, a été frappée au visage et étranglée à mort, le médecin légiste estimant la souffrance et l’agonie entre une minute trente et trois minutes.

« C’est un psychopathe pervers »

Dans son réquisitoire où il a demandé cette peine maximale, l’avocat général Stéphane Bertrand a des mots durs et ne trouve « aucune circonstance atténuante » à l’accusé : « il y a l’horreur du crime de sang-froid et l’horreur de ce qu’il peut représenter, c’est un psychopathe pervers. Il mérite de rester dans sa cellule pour le reste de sa vie. »

Mahfoud Hansali a quand même pour lui, rappelle ses avocats, Mes Saint-Julien et Darrigade, d’avoir reconnu le meurtre et livré l’emplacement du corps.

« Il a soulagé sa conscience »

« Il a soulagé sa conscience et reconnu l’avoir étouffée, ce n’est pas simple de s’accuser de ça », rappellent-ils. Mais c’est à peu près tout.

Son déni absurde face à la cour sur la façon dont il a tué Sihem a plombé sa défense car il a refusé d’admettre les coups au visage et l’étranglement, pourtant certifiés par la médecine légale. Sa façon de répondre à sa guise et sans émotion n’a pas non plus plaidé en sa faveur. Et puis, bien sûr, il y a la question du mobile qui ne sera jamais clairement établi. Dans l’incertitude, chacun y est allé de son interprétation. Finalement, la thèse initiale de l’accusation, ce « plan foireux » de faux enlèvement pour arnaquer un dealer qu’aurait proposé Hansali à Sihem contre 10 000 € et qui tourne mal, n’a plus convaincu personne.

À l’aune des débats, parties civiles et avocat général ont penché pour l’agression sexuelle qui dégénère, ne croyant pas à la thèse servie par l’accusé. Soit une relation amoureuse que Sihem aurait voulu révéler, provoquant sa colère mortifère, ce qu’aucun élément ne conforte. L’avocat général a développé la théorie d’une drague au long cours, qui expliquerait les nombreuses communications entre la victime et son bourreau : « elle a refusé, il l’a cognée, elle a refusé, il l’a tuée pour ne pas qu’elle parle et qu’elle le dénonce. C’est pour ça qu’elle est retrouvée à demi-nue dans la forêt. Ce n’est pas démontré dans le dossier, mais c’est mon avis. »

De quoi ulcérer la défense dénonçant cette « thèse complètement inventée. Les relations impossibles en matière sentimentale, ça n’existe pas, on peut tomber amoureux d’un bad boy », lancent-ils. Mais Hansali n’a pas convaincu. Il faut souligner ce moment où il a été désarçonné par l’à-propos d’une jurée.

Il accepte la peine

Elle lui a demandé d’expliquer pourquoi, alors qu’en 10 ans d’union il n’a jamais violenté son ex-femme, il aurait tué Sihem pour une simple crise amoureuse. Il gardera en lui le secret de ce terrible huis clos mais a tenu sa parole d’accepter la peine : il ne fera pas appel ont annoncé ses avocats (*).

De quoi soulager un peu la famille de Sihem, qui va garder le souvenir d’une fille solaire, joyeuse et pleine de vie, mais dont le prénom « est devenu un vide, un silence, une voix qui ne répondra plus quand on l’appelle » disent Mes Bourkab et Battikh, parties civiles.

(*) Mahfoud Hansali est par ailleurs jugé ces 27 et 30 mars aux assises du Gard pour un braquage commis un an avant le meurtre de Sihem.

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