Infirmière, syndicaliste, femme politique et militante pour le droit des femmes, Martine Gayraud est devenue, ce mercredi matin, chevalière de la Légion d’Honneur. La cérémonie a eu lieu à l’Hôtel Mouret, à Nîmes.
« Cette légion d’honneur, ce n’est pas juste une distinction. Elle a tout un sens. »
Dans les salons de l’hôtel Mouret à Nîmes, Martine Gayraud, présidente du comité gardois de femmes solidaires, s’est vue remettre, ce mercredi, la Légion d’honneur au grade de chevalier par par Sabine Salmon, présidente nationale de Femmes solidaires.
Une distinction qui récompense à la fois son action pour la cause des femmes, à travers l’association Femmes solidaires (lire ci-dessous) et son parcours de militante et de responsable politique. Infirmière au CHU de Nîmes, syndicaliste à la CGT – « tu as compris que soigner, c’était aussi défendre le service public » –, Martine Gayraud a été présentée par sa « marraine » comme une femme de convictions et de transmission. Première femme secrétaire du PCF dans le Gard, elle est est aussi « une passeuse. Tu élèves, tu fais grandir les autres. […] Et tu as ce talent rare, d’entraîner. Quand on est avec toi, on ne reste pas immobile. »
Le souvenir fondateur des malades du Sida dans les années 80
Emue, devant les membres de sa famille, ses amis, anciens collègues, camarades militants et plusieurs élus dont le maire Vincent Bouget et la conseillère départementale déléguée à l’égalité femme-homme et à la lutte contre les discriminations Isabelle Fardoux-Jouve, Martine Gayraud a pris la parole. Elle a d’abord évoqué sa vie professionnelle. « J’ai compris assez vite que ce métier très technique reposait sur des valeurs fortes. » Et s’est souvenue d’une période fondatrice dans un service du CHU qui accueillait les premiers malades du Sida, dans les années 80 : « Nous les avons accompagnés pour les aider à supporter la souffrance, mais aussi la stigmatisation. Nous ne pouvons accepter de soigner sans prendre en compte l’humain. »
C’est ce souci de l’humain qui conduira, plus tard, Martine Gayraud à Femmes solidaires. Elle y agit « pour le progrès social, pour l’émancipation ». Avec lucidité : « Il n’y a pas de liberté acquise une fois pour toutes ». Et de confier, à Midi Libre, ses inquiétudes dans un monde où libertés fondamentales et acquis sociaux sont souvent remis en question : « Il y a sans arrêt des allers-retours. Aujourd’hui, le masculinisme progresse dans de très nombreux pays. » « On est dans un moment contradictoire, poursuit Sabine Salmon. En même temps on a de plus en plus de lois, mais les mentalités ne vont pas à la même vitesse. Avec la montée des idées d’extrême-droite, conservatrices, on sait que rien n’est gagné. »
Promouvoir le droit des femmes
Depuis plus de 80 ans, Femmes solidaires se bat pour faire reculer toute forme de discrimination à l’égard des femmes à travers le monde. Et pour promouvoir, sensibiliser au droit des femmes, à travers des actions d’éducation populaire, des permanences, des actions juridiques, etc. Forte de 190 associations locales en France et de 10 000 membres, Femmes solidaires bénéficie d’un statut consultatif à l’Onu.









