Deux frères âgés de 20 et 22 ans, Elyasse et Moad H, ont été présentés à un juge avant d’être mis en examen puis placés en détention provisoire, a-t-on appris ce dimanche 15 mars 2026. Selon le Parquet national antiterroriste, les jeunes hommes nourrissaient un projet terroriste "mortifère et antisémite".
Ils « aspiraient au martyr ». Ce dimanche, le parquet national antiterroriste a annoncé qu’Elyasse et Moad H, deux frères âgés de 20 et 22 ans, ont été présentés à un juge en vue de leur mise en examen puis de leur placement en détention provisoire pour un projet terroriste « mortifère et antisémite ». Le plus âgé est étudiant en école d’ingénieur, l’autre est sans emploi.
Les autorités rapportent qu’en garde à vue, les deux hommes ont reconnu « nourrir depuis quelques semaines, face au constat de l’impossibilité de partir mener le jihad au Sham (en Syrie) ou en Palestine, un projet terroriste en France pour lequel ils aspiraient au martyr ». Une information judiciaire a été ouverte dimanche pour association de malfaiteurs terroriste criminelle, ainsi que pour acquisition et port d’arme.
« Une radicalisation depuis deux ans »
Elyasse et Moad H. ont été interpellés par des agents du commissariat de Saint-Omer mardi dans une voiture stationnée près de la prison de Longuenesse, dans le Pas-de-Calais, a-t-on appris aujourd’hui. Les deux frères, de nationalité italienne et marocaine, avaient à leur côté une arme semi-automatique chargée de munitions de 9 mm, une bouteille d’acide chlorhydrique, de l’aluminium ainsi qu’un drapeau de l’organisation jihadiste État islamique (EI).
Le Pnat rapporte que ces jeunes, arrivés en France il y a bientôt 10 ans après avoir passé quelques années en Italie, ont consulté une « abondante propagande jihadiste […] depuis plusieurs mois ».
« L’exploitation des supports numériques saisis ainsi que les déclarations de leur entourage familial traduisent une radicalisation des deux frères depuis deux ans, ainsi qu’une nette intensification, dans les jours précédant leur interpellation, de leur engagement jihadiste et des démarches entreprises dans un projet terroriste dont le caractère mortifère et antisémite apparaît établi », a soulevé le Pnat.
Mises en scène avec des armes
D’après les éléments communiqués par le parquet, Moah H. aurait réalisé une vidéo d’allégeance à l’État islamique le 7 mars. Il était aussi « en contact avec plusieurs personnes radicalisées ou mises en examen ou condamnées pour une infraction terroriste ».
Elyasse et Moad H. se sont aussi « mis en scène en utilisant des armes à feu ou en exhibant un couteau, en tenue de combattant, l’index levé vers le ciel devant le drapeau de l’EI », abonde le Pnat, qui ajoute que « des échanges avec différents interlocuteurs sur des messageries cryptées dans les jours et semaines précédant leur interpellation, visant notamment à la recherche d’armes de poing ou de fusils d’assaut laissent présager de l’imminence d’un passage à l’acte violent ».








