Inceste, relation toxique, emprise : Au festival Bulles de Lune à Lunel, une conférence autour de ces bandes dessinées qui traitent de sujets tabous

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Ces samedi 14 et dimanche 15 mars, le festival Bulles de Lune, dédié à la bande dessinée investit la ville. Entre les dédicaces et les ateliers, une conférence abordait, ce samedi matin à l’espace Castel, ces BD qui traitent de sujets dont on ne parle pas.

Libérer la parole par le dessin. Ce samedi 14 mars dans le cadre du festival Bulles de Lune, l’espace Castel recevait Alexandra Petit, dessinatrice d’On ne parle pas de ces choses-là et la Montpelliéraine Priscille de Rekeneire, illustratrice et autrice de Le Cœur a contresens.

Le temps d’une conférence, les deux artistes ont abordé le dessin comme un moyen de libérer la parole sur des sujets difficiles, souvent passés sous silence.

« Dans ma famille, quelqu’un a parlé »

« Le projet est né auprès de Marine Courtade, la scénariste du livre. Il raconte son histoire », explique Alexandra Petit. Journaliste et autrice, Marine Courtade décortique, auprès des membres de sa famille, les mécanismes de silence autour de l’inceste qu’elle a subi. « Quand on m’a proposé ce projet, j’y ai tout de suite vu un moyen de porter le message de Marine par le dessin, se souvient l’illustratrice. D’un côté, j’y ai trouvé une forme de légitimité pour aborder le sujet si tabou de l’inceste. »

Un premier ouvrage pour Alexandra Petit qui a eu des répercussions qu’elle ne soupçonnait pas. « Les chiffres de l’inceste sont alarmants. On connaît tous quelqu’un qui a subi ce traumatisme. Chaque retour de lecteur nous touche énormément et quand on nous dit que les victimes prennent la parole grâce à notre livre, on se dit qu’on a bien fait. Dans ma propre famille, quelqu’un a parlé. »

Illustrer les mécanismes de l’emprise

Dans « Le Cœur à contresens », Priscille de Rekeneire ne raconte pas non plus son histoire mais plutôt un scénario qu’elle a « tant de fois vu se répéter dans [son] entourage » : l’emprise amoureuse. « Il y a une forme de longueur et de lenteur dans la façon dont le récit est construit, explique Nicolas Mallet, le gérant de la Malle à bulles, la librairie lunelloise coorganisatrice du festival. Le lecteur voit à peine s’installer la toxicité dans la relation. » À travers un récit intime, l’autrice retrace comment la violence psychologique s’installe au sein d’un couple. « Après la publication, j’ai reçu des messages très forts. Des personnes ont appris à identifier ces comportements toxiques et parfois à s’en éloigner. »

Si ce genre de bandes dessinées attirent souvent un public averti, les autrices en sont convaincues. « Les lecteurs sauront transmettre les ouvrages pour qu’ils aient l’impact nécessaire. »

Ce dimanche 15 mars, le festival se poursuit jusqu’à 17 h avec de nouvelles tables rondes. À 10 h 45, rendez-vous dans la salle Domitia de l’espace Castel pour la conférence « La BD, un regard sur le monde : Et les autrices dans tout ça !, parlons-en. » Une rencontre avec Katia Evans (Le petit derrière de l’Histoire), Anna Chronique (Chroniques de Tunisie) et Audrey Cavaillé (Le Sang maudit).

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