"Inutile d’aller chercher en Espagne ce que nous avons ici" : retour sur une matinée de présentation des toros de la corrida d’Alès

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Samedi 11 avril, l’élevage des Curé de Valverde a organisé à Saint-Martin-de-Crau une visite du domaine avec une présentation des toros de la corrida de l’Ascension, ainsi qu’une tienta dans un second temps.

À bord d’une remorque tirée par un tracteur, sous une chaleur écrasante au domaine de Coste-Haute à Saint-Martin-de-Crau, l’élevage des Curé de Valverde, dirigé par Jean-Luc Couturier, environ cinquante spectateurs ont rejoint les pâtures situées derrière les installations pour aller découvrir le domaine et observer les 4 toros de la corrida d’Alès. Les chevaux andalous ont été mis à contribution pour les faire courir et les sortir du pré à haute allure. Dans un second temps était organisée la tienta. Au programme : trois vaches à tester. Cet événement permet de juger les qualités essentielles des vaches de reproduction : bravoure, noblesse, comportement face au cheval et au torero. Cela afin de décider de leur avenir, soit une intégration au troupeau reproducteur soit un aller simple l’abattoir. « C’est là qu’on fait les choix pour l’avenir de l’élevage », résume Jean-Luc Couturier. Un picador était présent afin de tester leur bravoure face au cheval, étape essentielle de l’évaluation. Installé sur une monture équipée d’un caparaçon matelassé, protection lourde qui encaisse les charges, le cavalier agit avec un cheval dont la vision est neutralisée, les yeux étant recouverts d’un bandeau.

Une sélection drastique

Sur ses terres, les animaux vivent dans un « cadre extraordinaire », précise l’éleveur. Les jeunes animaux âgés entre 2 et 3 ans, sont testés lors d’un processus rigoureux qui conditionne l’avenir de la ganaderia. Pour cette année, 21 vaches de l’élevage sont encore à tienter. À la fin du processus, seule une minorité, environ 15 %, est conservée pour la reproduction, le reste étant écarté selon les critères de comportement et de morphologie.

Trois intervenants se sont relayés pour tienter : Mathias Sauvaire et Clément Hargous, tous deux novilleros, ainsi que le matador expérimenté Sánchez Vara, un habitué des arènes du Tempéras. Au fil des passages, pendant les séries, le torero espagnol est resté au bord du ruedo, très actif, criant des conseils à Mathias, qui sera comme lui présent sur le sable alésien lors de la prochaine feria. Placements, rythme, distance, chaque détail comptait dans l’analyse du comportement des vaches. « La première vache était bonne, et Sánchez Vara l’a encore améliorée », souligne Didier Cabanis, directeur des arènes d’Alès et organisateur de la corrida de l’Ascension. La deuxième s’est montrée très noble, mais assez faible et la troisième, plus compliquée, a exigé davantage de domination et d’engagement, précise Jean-Luc Couturier.

« On recherche un compromis entre bravoure, agressivité et noblesse »

Aujourd’hui l’éleveur travaille sur un cheptel d’environ 300 têtes. « On recherche un compromis entre bravoure, agressivité et noblesse », explique-t-il. Présent pour l’occasion de la présentation des toros de la corrida de l’ascension, Didier Cabanis assume ses choix de sélection de l’élevage Curé de Valverde : « Les élevages retenus sont parmi les plus en vue. Et puis, inutile d’aller chercher en Espagne ce que nous avons ici : ce sont des toros dignes. »

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