La critique de Fabrice Andrivon : "Sans toit ni loi", un grand film qui n’a pas pris une ride

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Ce film est projeté cette semaine à Mende.

Le cinéma de Mende projette cette semaine une séance coup de cœur qui prouve bien qu’il en a, du cœur. Car c’est à l’indispensable Sans toit ni loi qu’il consacre cet honneur, meilleur film d’Agnès Varda, portrait incandescent d’une fille éprise de liberté. C’est la toute débutante Sandrine Bonnaire qui prête ses traits à cette rebelle et dire que c’est une révélation est un euphémisme.

Extraordinaire présence, elle sait être tour à tour fascinante, énervante, repoussante ou superbe, pour rendre justice à ce personnage opaque et mystérieux, sombre passante que ceux qui ont croisé sa route tentent de cerner. Fidèle à sa profonde tendresse pour les êtres humains, Varda réalise le plus humaniste des portraits et aime autant son personnage que ceux qui la « jugent« , avec ou sans raison.

Décor du sud de la France

Assez bavard, le film ne fait pourtant que pointer l’impossibilité de définir cette fille en marge et tout ce qu’on peut en dire, la somme de témoignages différents la concernant, ne font que mettre à jour le mystère total de cet être mort dans un fossé.

À la limite du documentaire, dans une savante mise en scène faite de travellings et de fondus au noir inoubliables, avec une authentique pudeur, dans un décor du sud de la France d’une grande sécheresse, mais d’une évidente beauté, Varda donne corps et âme à cette clocharde sur laquelle on a l’habitude de détourner le regard. Et parvient à émouvoir durablement le spectateur, en totale empathie avec cette douleur mise à jour. Un très grand film, qui n’a franchement pas pris une ride.

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