La tonte des brebis du troupeau de Laura la bergère rassemble autour du lac du Salagou

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Près de 350 brebis tondues en une journée : un rendez-vous essentiel pour le troupeau de Laura la bergère, devenu un moment de convivialité qui rassemble bien au-delà du monde agricole.

Les tondeuses ont ronronné toute la sainte journée, à l’ombre d’une chênaie bien fraîche. À Octon, sur la rive droite de la Marette, ce jeudi était venu l’heure d’assurer la coupe de printemps pour le cheptel de Laura la Bergère*, éleveuse de brebis à viande le secteur du Salagou. Près de 350 têtes seront ainsi passées entre les mains expertes de Jérémie et de son collègue, Camille. Comme une vendange de laine, assurée dans un esprit aussi festif que celui des anciennes récoltes vigneronnes. « Si on fait deux heures de route pour venir chez Laura, c’est qu’on est bien accueillis, cela compte beaucoup », sourit Jérémie. Éleveur de brebis laitières dans la vallée du Gijou* et tâcheron à la belle saison, il aura tondu 75 têtes dans la matinée, passant, en moyenne, moins de trois minutes sur chaque bête. « En ce moment, les brebis sont bonnes à tondre. C’est beaucoup plus difficile quand les agneaux sont petits, ils tirent sur les réserves des brebis. Là, les agneaux sont vendus et l’herbe est grasse, elles sont plus faciles à tondre », apprécie-t-il.

Des vertus sanitaires

Et si le moment est idéal, il est de toutes les façons incontournable. Car, ce manteau de laine est décidément bien encombrant à l’arrivée des beaux jours. « Si on ne les tondait pas elles se retrouveraient avec une épaisseur de laine phénoménale. Cela pèse très lourd aux niveaux des articulations et la chaleur estivale serait intenable pour les bêtes. Et il y a aussi un aspect sanitaire car de petites mouches, les myases, peuvent pondre sous la laine. Et les larves carnassières qui se développent ensuite peuvent littéralement bouffer les brebis », explique Laura.

Une journée qui rassemble bien au-delà du monde agricole

Alors l’équipe d’une quinzaine de personnes s’attelle à la tâche. Autour des tondeurs, gravite une équipe hétéroclite : des attrapeurs qui prélèvent les candidates à la coupe de printemps dans un enclos, une à une. Parmi eux, figurent des agriculteurs mais aussi une salariée d’Ehpad, un photographe*, des reporters de TF1 et Anne qui est contrôleuse des finances auprès de collectivités. L’Héraultaise, un poil sauvage, travaille en bureau et aspire aux grands espaces. Pour elle,« ce moment est une vraie bouffée d’oxygène, c’est un kiff « , apprécie-t-elle. « C’était important pour moi d’être là. Laura, c’est un peu ma coach, on échange beaucoup au téléphone, elle est toujours très bienveillante et de bon conseil. C’est important, car, dans nos métiers, on est souvent un peu isolé », complète Antoine Boze, éleveur et maraîcher à Lousse, sur les reliefs nichés entre Salasc et Mourèze. Pour cet agriculteur, la tonte est aussi un moment de communion collective.  » On se retrouve un peu avec des personnes de tous les univers. Tout le monde à plaisir de partager ce moment éprouvant mais convivial. On fait ça dans la joie, la bonne humeur. C’est un vrai moment de partage autour d’une pratique ancestrale… Et d’un bon pique-nique », confie Laura pendant que son époux, Yannis, régale les volontaires d’une grillade de saucisses et merguez… au mouton. Une journée qui permet, en cette année internationale du pastoralisme, de retisser les fils d’une certaine tradition et d’une communauté avide d’authenticité.

« Il faut beaucoup d’endurance »

"C’est assez physique, enfin, il faut beaucoup d’endurance. Il faut surtout une bonne équipe dans laquelle tout le monde s’entend bien", confie Jérémie, éleveur dans le Tarn, entre Albi et Lacaune, et tâcheron pendant la saison. La tonte est payée à la tête : "on ne peut faire plus libéral". À la pièce, le prix peut varier d’1,40 € à plus de 2 € selon les caractéristiques de la brebis et la race." Cette année, la récolte de laine ne sera pas perdue. Elle sera récupérée par les maraîchers bio du jardin des Ruffas, à Octon. Elle sera utilisée comme paillage pour les cultures.

Installée à Pézènes les Mines, Laura fait pâturer ses brebis dans tout le secteur du Salagou.
Jean-Benoît Roubinet, réalise des reportages au long cours et suit l’activité de Laure la bergère de longue date. Une de ces photos de Laura a d’ailleurs remporté plusieurs prix et une série de JB Roubinet devrait venir s’installer sur les cimaises du Cœur d’Hérault… À suivre.

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