Léon XIV attendu en Algérie ce lundi : pourquoi la visite du pape sur la terre de Saint Augustin est historique

admin
Par
admin
6 min de lecture

Il s’agit de la première étape d’une grande tournée du pape dans quatre pays d’Afrique. L’Algérie s’apprête à accueillir lundi Léon XIV pour une visite historique et hautement symbolique. On vous explique pourquoi.

Ce qu’il faut retenir

  • Le pape Léon XIV entame ce lundi à Alger une visite historique de deux jours, première étape d’une tournée africaine du 13 au 23 avril. Il s’agit du premier déplacement d’un souverain pontife dans ce pays à majorité musulmane.
  • Arrivé à Alger à 10 heures, le pape rendra hommage aux martyrs de la guerre d’indépendance avant de s’entretenir avec le président Tebboune. Il visitera ensuite la Grande Mosquée et la basilique Notre-Dame d’Afrique pour un appel à la fraternité.
  • Mardi, le souverain pontife se rendra à Annaba pour un pèlerinage sur les traces de Saint Augustin. Il y visitera le site archéologique et célébrera une messe avant de poursuivre son voyage vers le Cameroun, l’Angola et la Guinée.

L’Algérie s’apprête à accueillir lundi Léon XIV pour une visite historique et hautement symbolique : jamais encore un pape ne s’était rendu dans ce pays musulman, qui est aussi la terre natale de Saint Augustin.

Première étape d’une grande tournée dans quatre pays d’Afrique, le pape américain se rend en Algérie pendant deux jours « pour continuer à construire des ponts entre le monde chrétien et le monde musulman  », a déclaré à l’AFP l’archevêque d’Alger, le cardinal Jean-Paul Vesco.

Ce déplacement revêt aussi une forte dimension personnelle pour le pape américain : il marchera dans les pas de Saint Augustin, grand penseur chrétien du IVe siècle dont l’héritage spirituel irrigue son pontificat.

Dans un contexte international tendu par la guerre au Moyen-Orient, la coexistence pacifique sera au cœur du message du pape dans ce pays de 47 millions d’habitants, où l’islam sunnite est religion d’Etat.

Trump pas « fan du pape Léon »

Sa récente allocution antiguerre lui a vallu dimanche soir une diatribe de Donald Trump : « Je ne suis pas un grand fan du pape Léon […], c’est un homme qui ne croit pas à la lutte contre la criminalité », a déclaré le président américain à la presse. Puis d’ajouter sur son réseau Truth Social : « Je ne veux pas d’un pape qui critique le président des Etats-Unis » – bien que ce dernier n’avait nommé personne dans son discours.

Quel programme ?

Attendu à 10 heures à Alger, Léon XIV sera accueilli avec les honneurs. Aussitôt arrivé, il rendra hommage, devant le monument des martyrs, aux victimes de la guerre d’indépendance contre la France (1954-62), un geste de reconnaissance de la douloureuse histoire nationale.

Dans la foulée, il sera reçu par le président Abdelmadjid Tebboune et prononcera un premier discours devant les autorités et le corps diplomatique.

L’après-midi, il visitera la Grande Mosquée, complexe monumental au plus haut minaret du monde (267m), avant de se rendre à la basilique Notre-Dame d’Afrique, site chrétien emblématique du pays qui surplombe la baie d’Alger.

Au cours d’une célébration à dimension interreligieuse mêlant chrétiens et musulmans, le chef des 1,4 milliard de catholiques y lancera un appel à la fraternité dans le pays où les catholiques représentent moins de 0,01 % de la population.

Ce déplacement ouvre la première grande tournée internationale du pape de 70 ans, qui le conduira ensuite au Cameroun, en Angola et en Guinée équatoriale (13-23 avril), un marathon de 18 000 km à l’agenda très dense.

Lundi, Léon XIV se recueillera aussi en privé dans la chapelle des 19 « martyrs d’Algérie », des prêtres et religieuses assassinés pendant la décennie noire de guerre civile (1992-2002), symbole du prix payé par les religieux engagés dans le dialogue avec l’islam.

Mais aucun déplacement n’est prévu au monastère de Tibhirine, dont les moines furent enlevés et assassinés en 1996, un épisode encore entouré de zones d’ombre.

« Un frère qui vient visiter ses frères »

Dans un pèlerinage à la dimension plus personnelle, le pape se rendra mardi à Annaba (est), près de la frontière tunisienne, l’antique Hippone dont Saint Augustin (354-430) fut l’évêque.

Dans son premier discours en tant que pape, depuis le balcon de la basilique Saint‑Pierre, Léon XIV s’était présenté comme « un fils de Saint Augustin » en référence à l’ordre qui porte son nom.

Avant son élection à la tête de l’Eglise catholique en mai 2025, Robert Francis Prevost s’était rendu deux fois en Algérie, en tant que responsable de cet ordre, fondé au XIIIe siècle sur des préceptes de vie commune et de partage.

A Annaba, il visitera le site archéologique de Hippone, où subsistent les vestiges de la cité romaine et chrétienne, et célèbrera une messe dans la basilique qui surplombe la ville.

Le pape est « un frère qui vient visiter ses frères » et « rencontrer le peuple » dans ce pays où la communauté chrétienne est peu nombreuse même si elle est présente de longue date, selon Mgr Vesco.

Source link

Partager cet article
Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

parcontre.fr