L’Observatoire de l’action sociale et des territoires (OAST) publie une étude sur les conditions de vie des familles dans l’Hérault, le Gard et la Lozère, pour le compte des Unions départementales des associations familiales (UDAF).
« La pauvreté empêche les gens de vivre la vie que l’on veut avoir, celle à laquelle ils aspirent », commence par lâcher Benoît Prévost, professeur en sciences économiques à l’université Paul Valéry, à Montpellier, au moment de présenter les résultats de son étude sur les Conditions de vie des familles en Languedoc. Ce travail, le professeur l’a mené pour le compte des UDAF (Union départementale des associations familiales) de l’Hérault, du Gard et de la Lozère, en collaboration avec la MSA (Mutualité sociale agricole), dans le cadre de l’Observatoire de l’action sociale et des territoires (OAST).
L’étude, inédite, « se veut un portrait des conditions de vie des familles » sur les trois départements, à partir de témoignages de familles accompagnées par les différents réseaux de l’OAST. Ce sont les résultats, produits à partir de questionnaires soumis à 2 137 personnes, qui viennent d’être présentés. Des résultats qui révèlent la précarité dans laquelle nombre de familles vivent, mais dont, paradoxalement ; elles n’ont pas forcément toujours conscience.
Un « sentiment d’inégalité plus prégnant dans l’Hérault et le Gard »
« Parfois, quand on demande aux gens s’ils se privent ils répondent que non alors qu’en réalité, ils se privent », commente Benoît Prévost, qui rappelle que « ce qui caractérise notre région, c’est qu’elle est la plus pauvre de France ». La preuve ? Elle se confirme dans les retours de cette étude. « Dans l’ensemble, la moitié de l’échantillon vit avec moins de 1 533 euros par mois, ce qui est juste au-dessus du halo de la pauvreté, qui s’élève à 1 503 euros », explique l’enseignant. Il rappelle qu’une personne est considérée comme « pauvre » lorsqu’elle gagne « moins de 1 290 euros par mois ».
L’enseignant de préciser encore que « la moitié de notre échantillon est à moins 70 % du niveau de vie médian ». Et que le « sentiment d’inégalité est plus prégnant dans l’Hérault et le Gard ». Même si le département de la Lozère se caractérise « par des revenus dans l’ensemble plus modestes que le reste de l’échantillon avec une moyenne à 1 482 euros, soit 300 euros de moins que dans l’Hérault où les revenus sont légèrement supérieurs à la moyenne ». Plus globalement, le niveau de vie des ménages de la région « est à 65 % du niveau de vie moyen des autres ménages en France ».
Les « pauvres » se disent heureux malgré tout
Chaque département a ses propres « caractéristiques » de la pauvreté. « Dans l’Hérault, ce sont en général des femmes, employées le plus souvent âgées entre 50 et 65 ans ; elles sont souvent confrontées à cette situation à l’issue d’une séparation ». Elle dispose, de plus, d’un niveau de vie moyen de 827 euros. Dans le Gard, le profil est différent : « les ménages y sont le moins mal lotis », précise le professeur, qui ajoute que ce sont des couples « avec une moyenne de 1,5 enfant, âgés entre 40 et 49 ans ». Leur niveau de vie moyen est de 1 032 euros, « ce qui reste tout de même 270 euros en dessous du seuil de pauvreté ».
Enfin, en Lozère, les familles les plus pauvres sont très souvent « des couples avec 2 à 3 enfants en moyenne, très souvent des agriculteurs, âgés entre 40 et 49 ans, vivant dans les zones rurales ». Leur niveau de vie moyen se situant autour de 813 euros en moyenne. Dans ce tableau plutôt triste, il existe néanmoins un signe d’espoir. Invités à se situer sur une échelle de 0 à 10 (avec 5 comme sentiment neutre) pour dire s’ils sont heureux ou pas dans leur vie, ceux de la catégorie « pauvreté » affirment se situer au niveau 7.








