Mardi 17 mars 2026, un conducteur de VTC a été condamné par le tribunal de police pour des violences commises sur un chauffeur de Saint-Malo. L’affaire, qui remonte au samedi 13 septembre 2025, a déjà fait grand bruit et pour cause : elle s’inscrit dans un contexte de vives tensions entre professionnels du transport de personnes dans la cité corsaire.
Concrètement, les artisans taxi reprochent à certains chauffeurs VTC (qu’ils appellent des « opportunistes ») de venir faire des « maraudes » illégales à Saint-Malo les week-ends et lors de pics touristiques. Seuls les titulaires d’une licence de taxi ont la possibilité d’attendre ainsi le client sur la voie publique ; les VTC sont censés fonctionner sur « réservation préalable » et revenir entre deux courses à leur siège social, ou bien dans un parking privé.
« Pour en découdre »
Ce soir-là, l’un d’eux, stationné sur le parking de l’Intermarché de La Découverte, n’était semble-t-il pas dans les clous. Un chauffeur de taxi l’a signalé à la police, qui a procédé à un contrôle. Un peu plus tard, c’est le frère du chauffeur VTC incriminé, exerçant aussi cette profession, qui s’est présenté à la station de taxi de la gare SNCF. Un homme à la carrure impressionnante, « venu pour en découdre », selon les témoins et l’avocat de l’artisan taxi agressé.
Devant la juge malouine, ce chauffeur VTC domicilié en Côte-d’Or et exerçant « dans toute la France », se défend de toutes mauvaises intentions.
J’avais déjà eu des menaces et j’avais déposé une main courante deux jours plus tôt. Un taxi était venu s’excuser alors quand mon frère m’a parlé de son problème, je me suis dit que j’allais aller discuter, dans le respect. Je leur ai dit qu’à la base je n’avais pas de comptes à leur rendre, mais qu’on pouvait parler. Lui m’a dit ‘dégage’, j’ai perdu mon sang-froid et je l’ai tenu par le col. Les autres sont venus pour nous séparer, mais je n’allais pas le taper.
Pour lui, « les violences ont été réciproques ».
« Je vais te casser les dents »
Sans surprise, c’est une tout autre histoire qu’ont rapportée la victime et les autres taxis présents. Ils ont fait état de menaces non équivoques : « Je vais te casser les dents », « tu mangeras de la soupe jusqu’à la fin de ta vie », « tu vas crever »…
« À la lecture de la procédure, on n’est pas du tout sur une démarche apaisée de monsieur, mais sur une expédition punitive pour protéger son frère », abonde Me Delatouche, avocat de la victime. « En repartant, ils leur ont dit qu’ils n’en resteraient pas là et qu’ils reviendraient les shooter à 200 », cite-t-il.
La partie civile souligne aussi la violence de « l’empoignade » et ses retentissements sur la victime. Le taxi malouin s’est vu notifier deux jours d’ITT, mais il a été durablement marqué par cet épisode : « Il ne veut plus retourner sur les lieux » et ne travaille plus qu’en journée.
De son côté, le conducteur de VTC, un père de famille sans antécédents judiciaires, affirme avoir été « traumatisé » par ses 44 heures de garde à vue. Il insiste pour que le tribunal regarde les images de vidéosurveillance qui, selon lui, confirment « tout ce que j’ai dit ».
Il insiste sur les images de vidéosurveillance
Peine perdue car la juge prononce sa culpabilité et lui inflige 250 € d’amende. Il devra aussi payer 800 € de préjudice moral, et 800 € de frais de justice. « Si je fais appel, on pourra voir la vidéo ? », demande le prévenu, visiblement pas résigné.
Quant aux tensions entre les artisans taxi et les VTC « opportunistes » à Saint-Malo, elles sont encore loin d’être réglées, selon la victime. Il espère qu’amendes et contrôles de police dissuaderont les VTC d’effectuer des maraudes illégales.
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