Après huit corridas, une novillada et une rejon, seul Andy Cartagena a ouvert la Porte du Prince à cheval. La corrida de ce lundi 20 avril a été marquée par la sérieuse blessure du maestro de la Puebla et par la dimension de Borja Jimenez.
À six jours de la fin de la Feria de Séville avec la traditionnelle Miurada de clôture dimanche prochain, on peut tirer des enseignements des premières corridas à La Maestranza.
Après sa courte retraite au lendemain de la Feria d’Otoño à Madrid, Morante de la Puebla est revenu meilleur que jamais. Les deux oreilles coupées le 5 mai pour son retour le dimanche de Pâques ont généré un engouement unique dans Séville. Le Maestro de la Puebla a ensuite écrit une œuvre pour l’histoire le 16 avril face à un toro d’Alvaro Nuñez Benjumea (fils de Nuñez del Cuvillo). Exceptionnel à la cape, aux banderilles et avec la muleta (avec le retour de la chaise pour la dernière paire et en début de faena), une nouvelle queue lui était promise mais des échecs à l’épée ont limité son trophée à deux vueltas.
Mais l’histoire n’est pas mathématique et toute la jeunesse sévillane, dans un délire collectif, voulait le sortir par la Porte du Prince en s’exonérant du règlement (qui prévoit trois oreilles) comme l’avait fait la Maestranza pour les adieux de José Maria Manzanares père ou Espartaco. Mais, les autorités locales ont gardé la porte fermée dans un choix qui a fait polémique.
Nouveau récital et blessure de Morante
Ce lundi 20 avril, Morante de la Puebla a réalisé la passe de trois avec un nouveau récital face au premier toro de Garcia Jimenez. Une oreille était accordée. La seule explication du refus de la seconde était d’ouvrir le cartel compte tenu de la lenteur et la pureté des séquences à la cape et à la muleta sans oublier une épée parfaite.
Son second toro, très réservé dès son entrée en piste, lui a foncé au corps dès la réception à la cape. Morante de la Puebla était immédiatement conduit à l’infirmerie pour être opéré d’un coup de corne à la fesse de 10 centimètres. Le compte rendu opératoire s’est révélé bien plus sérieux que les premières images laissaient supposer. Toute l’aficion française espère que le génie de la Puebla sera rétabli pour son paseo à Nîmes le 23 mai avec Alejandro Talavante et Marco Perez pour la présentation de l’élevage d’El Freixo (El Juli).
Une oreille pour Lea Vicens
Par ailleurs, un premier bilan de la Feria de Séville délivre plusieurs enseignements. La présentation du bétail a souvent été à géométrie variable mais Santiago Domecq, Victorino Martin et Garcia Jimenez ont lidié des lots intéressants. Comme les braves d’Alejandro Talavante (présents pour la « Cape d’Or » à Nîmes le 23 mai) qui ont brillé lors de la novillada piquée où Julio Norte a coupé deux oreilles et Tomas Bastos une.
À ce jour, seul Andy Cartagena a ouvert la Porte du Prince dans une corrida à cheval où Lea Vicens a coupé une oreille avec pétition de la seconde.
Andres Roca Rey a coupé une oreille à chacun de ses deux paseos et David de Miranda, Lama de Gongora, Rafael Serna, Miguel Angel Perera, David Galvan et Aaron Palacio ont également obtenu un trophée.
Borja Jimenez confirme son rang de figura
Mais l’autre grand nom de cette Feria de Séville, au côté de Morante de la Puebla, est Borja Jimenez.
Seule l’épée l’a privé de deux « Porte du Prince » pour ses paseos face aux Victorino Martin, samedi dernier, et face au Garcia Jimenez, ce lundi. Le Sévillan, lauréat de la temporada 2024, s’est définitivement imposé parmi les tops figuras de l’escalafon.
On le retrouvera à Nîmes pour la clôture de la Feria de Pentecôte dans un alléchant mano a mano avec Clemente face aux Pedraza de Yeltes. Une date inscrite à l’encre rouge dans son agenda après sa déception du solo face aux Victorino Martin pour les dernières « Vendanges ».
Détails de la blessure de Morante de la Puebla
L’apoderado de Morante de la Puebla, Pedro J.Marques a confié ce mardi matin à Mundotoro que le torero "était calme malgré la douleur", ce mardi matin au réveil. Cependant, il faut rester prudent car la zone touchée par le coup de corne est propice aux infections et des examens radiologiques doivent encore être réalisés car le maestro ressent des douleurs à l’épaule et aux lombaires. Comme de coutume en Espagne, le compte rendu opératoire a été rendu public :
"La cornada se situe sur le bord postérieur de l’anus, avec une trajectoire d’environ 10 cm. Elle a partiellement endommagé les muscles du sphincter anal et provoqué une perforation de 1,5 cm dans la paroi postérieure du rectum. Après réparation de paroi rectale ainsi que l’appareil sphinctérien, un drainage par aspiration a été mis en place dans les espaces post-anal et rétro rectal. Pronostic : très grave."
Octavio Mulet a livré plus de détails à Mundotoro à la fin de son intervention expliquant qu’un coup de corne dans cette zone provoque "des lésions complexes et une opération plus complexe qu’initialement prévue".
Le chirurgien a conclu qu’il fallait "attendre au moins dix jours et l’évolution de la cicatrisation avant de donner une estimation du délai de rétablissement".









