Le président du Modem du Gard a travaillé auprès de Lionel Jospin durant les cinq années où ce dernier a été Premier Ministre. Il rend hommage à cette figure socialiste, un véritable "homme d’État", décédé dimanche 22 mars.
Il a travaillé dans le cabinet de Lionel Jospin durant les cinq années durant lesquelles ce dernier fut Premier ministre de cohabitation de Jacques Chirac (1997-2002).
Aurélien Colson, actuel président du Modem du Gard et professeur à l’Essec, sortait alors de Sciences Po et d’un Master en Grande Bretagne et avait intégré le cabinet grâce à un de ses professeurs. « J’ai été chargé de mission et conseiller technique. Je travaillais sur les discours du Premier Ministre. Sur tous les sujets, on me transmettait des éléments techniques transmis par les ministères et il fallait que je les vulgarise. Mais ses meilleurs discours, c’était toujours ceux qu’il avait écrits lui-même. »
Aurélien Colson en garde un « souvenir doux. Celui évidemment de quelqu’un d’intègre, profondément droit, avec une très grande solidité intellectuelle. Quelqu’un qui respectait les personnes, ce qui ne l’empêchait pas d’avoir de l’autorité. Quelqu’un qui respectait les faits, ce qui ne l’empêchait pas d’être volontariste. Une incarnation de l’homme d’État, travailleur et sérieux, responsable avant tout. Mais qui avait aussi de l’humour et une simplicité dans le rapport humain. »
Évidemment, Aurélien Colson se rappelle aussi de ce fameux soir du 21 avril 2002, lors duquel Lionel Jospin échoua à se qualifier au deuxième tour de l’élection présidentielle, devancé par Jacques Chirac et Jean-Marie Le Pen. « J’étais chez des amis, devant la télé quand j’ai appris les résultats. Une heure après, j’étais rue de Solferino dans une petite pièce sombre, juste après le discours. Il y avait Jospin, Fabius, Strauss-Kahn… J’ai le souvenir qu’il était resté d’une grande dignité. »
Un bilan plus que positif selon Aurélien Colson
Lionel Jospin restera, pour Aurélien Colson, un Premier Ministre au bilan plus que positif : « Ce sont cinq années de croissance, 2 millions d’emplois créés, 1 million de chômeurs en moins, dans des conditions économiques et internationales pas faciles (crise financière de Corée du Sud, attentats du 11 septembre 2001…). Il y a eu des réformes sociales (Pacs, 35 heures…), des avancées européennes (passage à l’Euro) et une cohésion, malgré tout, avec Jacques Chirac sur les questions de politique internationale, de défense ou de sécurité intérieure. »
Aurélien Colson sera présent à l’hommage national rendu à Lionel Jospin aux invalides, ce jeudi à Paris.








