Municipales 2026 à Nîmes : "Je n’envisage pas une défaite dimanche. J’y vais pour gagner", assure Franck Proust

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Après son score au premier tour (19,55 %), le candidat de la droite et du centre a finalement fusionné avec Julien Plantier et Valérie Rouverand pour donner la liste “Nîmes par-dessus tout”.

Premier adjoint, président de la Métropole, adoubé par Jean-Paul Fournier, qu’est-ce qui s’est aussi mal passé dans votre campagne pour finir en 3e position au 1er tour ?

Je n’ai pas d’explication rationnelle. Peut-être une nationalisation du débat qui a fait que beaucoup d’électeurs ont oublié le contexte local. On a vu l’évolution du Rassemblement national au fil des sondages. Il y a eu un transfert de gens qui ne voulaient pas du Parti communiste à Nîmes, et qui voyant les sondages qui me plaçaient à 22, 24 % ont dû aller vers celui qu’ils croyaient le plus apte à battre le Parti communiste. C’est comme ça que je l’interprète.

Alors que Julien Sanchez a démarré très tard, que son programme est flou : sécurité, immigration… mais Bardella-Le Pen, on se contente de ça.

« En responsabilité, en mettant l’ambition de Nîmes par-dessus tout, on a fusionné »

Peut-être qu’il y a une volonté des électeurs de marquer une rupture avec la politique de Jean-Paul Fournier ?

Je ne pense pas, car quand on interroge les gens sur le bilan de Jean-Paul Fournier, tout le monde reconnaît le travail extraordinaire qui a été fait. À chaque fois qu’il sort, il est ovationné. Donc ce n’est pas le véritable sujet. Je pense qu’il y a une partie des électeurs qui nous a fait payer notre désunion.

On en arrive à cette fusion avec la liste de Julien Plantier et Valérie Rouverand. Est-ce que ça n’apparaît pas contre nature quand on connaît vos différends ?

Non. Globalement, on se connaît, on appartient à la même famille. Et dans les familles il y a des disputes ! Puis, j’insiste là-dessus, à partir du 23 mars, je suis opérationnel avec cette équipe. Il y a des gens qui connaissent les institutions. Les trois principaux protagonistes ont déjà géré. Et ça, c’est important. Ce sont des gens qui connaissent Nîmes, qui aiment Nîmes et qui ont déjà travaillé pour Nîmes. Et puis faire une fusion, ce n’est pas renoncer. Compte tenu de la gravité de la situation, on a tous voulu, dès dimanche soir, éviter de résumer le 2e tour des municipales entre le combat entre un maire communiste et un maire RN. Donc en responsabilité, en mettant l’ambition de Nîmes par-dessus tout et bien, on a fusionné. Et quelque part, ça n’a pas été si compliqué.

Pourquoi ne pas y être arrivé avant alors ?

On ne va pas renier le passé. Effectivement on n’y est pas arrivé. On avait des visions différentes. Et puis, tout compte fait, au premier tour on choisit, au deuxième tour, c’est le choix de la raison. Donc ce n’est pas un drame d’avoir deux listes au premier tour. Mais nous voulions éviter ce qu’il s’est passé en 1995. Les Nîmois se sont réveillés le lundi matin avec un maire communiste. Personne n’avait choisi Alain Clary. Mais la quadrangulaire avait débouché là-dessus.

Pourtant, vous aviez annoncé qu’il n’y aurait pas de fusion.

Oui mais le contexte et la gravité de la situation font qu’il faut peut-être reconnaître ses erreurs, avoir un peu d’humilité et regarder l’intérêt général. Et moi qui suis élu sur cette ville depuis un certain nombre d’années, je n’avais pas envie de retomber sur une marche arrière ou sur un saut dans le vide. Et puis, est-ce qu’il y avait une autre solution ? D’autant que la victoire est possible : quand on additionne nos deux listes, c’est une fusion où nous sommes en tête avec 35,1 %. Cinq points, ce n’est pas négligeable.

Sur les réseaux sociaux, les gens ne sont pourtant pas tendres face à cette fusion.

Ceux qui critiquent cette fusion ont, majoritairement, déjà voté pour le RN au 1er tour. On sait qu’à gauche, comme à l’extrême droite, on considérait que l’accord ne pouvait pas être possible entre Julien Plantier et Franck Proust. On a démontré, encore une fois, en termes de responsabilité, qu’on savait privilégier l’intérêt général. Ça doit les embêter.

Dans vos équipes respectives, des colistiers n’ont aussi pas compris cette décision et sont partis.

Non, ils n’ont pas compris qu’ils ne soient pas repris. Je peux vous dire, j’ai réuni ma liste ici, à ma permanence, à 21 heures le dimanche soir, tout le monde était d’accord. Je les ai revus le lendemain. Et j’ai vécu une aventure humaine la plus dure : choisir. Enlever des gens qui vous ont accompagné dès le début, il n’y a rien de pire. Je l’ai fait dans l’intérêt de Nîmes et des Nîmois.

À trois, qu’est-ce que vous allez faire de mieux qu’au premier tour ?

Il y a une démultiplication des équipes de campagne. C’est une campagne éclair, c’est sûr, mais ce n’est pas une fusion de façade. C’est une équipe en commun. On a développé les mêmes projets, appartenu à une même majorité, donc on sait travailler ensemble. Et ça se voit sur la campagne. On s’est tout de suite réparti les rôles. On fait une campagne de terrain, on dédouble les capacités, on additionne les forces.

Vous avez annoncé, en cas de victoire, que vous seriez maire et que Julien Plantier briguerait la présidence président de Nîmes Métropole. Quel rôle reste-t-il pour Valérie Rouverand ?

Elle aura un rôle privilégié dans les deux organigrammes.

Quand on additionne nos deux listes, c’est une fusion où nous sommes en tête avec 35,1 %

Dans la nouvelle liste, les premiers noms sont beaucoup plus politisés. Est-ce aussi une façon de se préparer à créer un groupe d’opposition ?

À aucun moment on a envisagé de perdre dimanche, sinon, on ne va pas au combat. Aujourd’hui, quand on fait plus de 35 %, comment on pourrait dire, allez, on y va et on va constituer une liste pour être dans l’opposition. Il faut être cohérent. On y va pour gagner le match et pour éviter ce duel fratricide qui serait une catastrophe pour la ville.

Vous mettez donc au même niveau de « risque » pour Nîmes l’union de la gauche de Vincent Bouget et le Rassemblement national de Julien Sanchez ?

J’ai vu ce que le parti communiste a fait, et, pour moi, ce n’est pas possible. On les a vus avant 1983, on les a vus entre 1995 et 2001. Pour moi je les mets dans le même sac. Un maire communiste comme un maire Rassemblement national, j’ai toujours combattu ça toute ma vie. Mais encore une fois, je n’envisage pas une défaite dimanche. J’y vais pour gagner.

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