Entre débats animés sur les réseaux sociaux, tentatives avortées d’alliances et mobilisation des électeurs, la campagne de l’entre-deux-tours est intense.
Sur les 285 communes de l’Aveyron, seules cinq devront retourner aux urnes ce dimanche 22 mars pour un second tour des élections municipales. Un scrutin marqué par des scénarios inattendus, des égalités parfaites et des alliances de dernière minute.
Saint-Jean-du-Bruel : une triangulaire sous tension
Avec trois listes en lice dès le premier tour et un taux de participation record (79,6 %), Saint-Jean-du-Bruel a confirmé son statut de commune où la politique locale réserve des surprises. Jean-Michel Daumas arrive en tête avec 42,01 % des voix, suivi de Damien Quatrefages (31,51 %) et Virginie Valière (26,46 %). Les trois candidats se maintiennent pour le second tour, sans qu’aucune alliance ne soit officialisée.
Les échanges publics sur les réseaux sociaux ont révélé l’échec d’une fusion entre les listes de Quatrefages et Valière, en raison de désaccords sur la composition d’une liste commune et sur l’interprétation du résultat des urnes. Les deux candidats se sont mutuellement critiqués sur leur bilan et leurs positions, avant d’acter leur maintien séparé. Jean-Michel Daumas, lui, reste en retrait de cette polémique et poursuit sa campagne, misant sur la mobilisation de son électorat.
Réquista : une fragmentation des voix qui promet un second tour serré
À Réquista, cinq listes s’affrontaient au premier tour, mais seules deux se sont maintenues : celles de Michel Laurens, en tête avec 42 % des voix, et Patrice Massol (36 %). Troisième avec 23 % des suffrages, Elian Bouzat a préféré se retirer après en avoir longuement discuté avec ses colistiers. « Un choix guidé avant tout par le respect du vote exprimé par les électeurs et la volonté de ne pas alimenter des divisions qui pourraient nuire à l’avenir de notre commune », explique-t-il. La dispersion des suffrages laisse présager un second tour indécis, où les électeurs devront trancher entre des projets parfois radicalement différents, dans un contexte de désindustrialisation et de recomposition politique.
Decazeville : trois listes en lice pour convaincre un électorat divisé
À Decazeville, la donne est similaire : trois listes s’affronteront dimanche. Celle de Patrick Innocenti – arrivé en tête avec 36,76 % – devant celles de Romain Smaha (34,05 %), et Florence Bocquet avec 29,19 %. Ici aussi, les électeurs devront choisir entre des visions contrastées pour l’avenir de la ville, dans un climat social marqué par les défis économiques et face une abstention record (40 %), laissant dire à certains que ce sont surtout les indécis et les absents qui ont, en réalité, remporté ce premier tour.
Luc-la-Primaube : l’égalité parfaite qui fait l’histoire
Jamais un premier tour n’avait abouti à un score identique entre deux candidats : 1 626 voix pour Jean-Philippe Sadoul (maire sortant) et 1 626 voix pour Alain Cisternino à Luc-la-Primaube. Un scénario « incroyable », comme le souligne ce dernier, qui contraint les Luco-Primaubois à revoter. Les deux candidats repartent en campagne, l’un dénonçant « les mensonges » de l’autre, l’autre promettant un « nouvel élan ». Une course contre la montre pour mobiliser les abstentionnistes du premier tour, dans une commune où chaque voix comptera double.
Rodez : l’alliance Mazars-Vidal rebat les cartes
C’est le feuilleton de ce second tour. À Rodez, Christian Teyssèdre (maire sortant, 35,09 %) affronte désormais une coalition inattendue entre Stéphane Mazars (34,53 %) et Sarah Vidal (18,36 %), qui ont annoncé leur rapprochement lundi 16 mars. Une alliance qualifiée de « contre-nature » par Teyssèdre, qui rappelle que Vidal avait soutenu la gauche contre Mazars lors des législatives. « Tout est encore possible », assure-t-il, misant sur son bilan économique et dénonçant « l’opportunisme » de ses adversaires. Avec un Florian Monteillet (12,02 %) en guise de trouble-fête, le second tour s’annonce, là encore, particulièrement serré.



