Municipales 2026 à Saint-Jean-de-Védas : "On a quand même été surpris !", une septangulaire inédite pour le second tour

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Les sept candidats de la commune héraultaise se sont qualifiés, dimanche, pour le second tour du scrutin. Inédit et invraisemblable, dans une ambiance de cordiale détestation, de confusion des projets et sensibilités. Des négociations sont menées, qui, lundi soir, n’avaient pas abouti. Dans la rue, on appelle à des compromis. Mais comment en est-on arrivé là ?

À une table en terrasse, rue Fon-de-l’Hospital, lunettes de soleil sur le nez pour masquer la fatigue de la nuit, ils sont quatre, issus de la liste arrivée, dimanche soir, au deuxième rang de sept. La n°1 n’est pas là, Emmanuelle Mysona « discute », dit, sibyllin, Teddy Heu, « l’idée est d’arriver à une liste d’union la plus large possible », enchérit Isabelle Fassio, pour rompre « avec un mandat qui a été catastrophique… », martèle encore le premier cité. Alors ils ont débriefé, phosphorent sur la stratégie à venir, sortir de l’invraisemblable guêpier dans lequel le scrutin est tombé.

Sept candidats en lice et sept qualifiés, qui peu ou prou se détestent. « Tous élus municipaux, ils ne s’entendaient pas avant ; comment pourraient-ils s’entendre maintenant ? », avait lancé, sarcastique, Michel Masson, dimanche soir, lui, le quatrième à six points avec lequel aucun n’ira et qui ne veut d’accord avec aucun adversaire. En vérité, bien malin qui sait. Et Teddy Heu volontiers l’admet : « Avant le dépouillement, on s’attendait déjà à tout. Et on a quand même été surpris ! »

Le maire, isolé, décède en décembre 2025

Jean-Pierre, à quelques pas, en cette fin de matinée de lundi, le résume en deux mots, fataliste : « C’est Saint-Jean-de-Védas. »

Si ces sept qualifiés sont a priori un inédit à l’échelle du pays, les habitants de cette commune de l’ouest montpelliérain en ont vu des vertes et des pas mûres, ces dernières années. En 2008, c’est le sortant Jacques Atlan qui, mal embarqué, écarte 87 bulletins de sa rivale et se proclame vainqueur avec 33 voix d’avance. Le Conseil d’État le renverra dans ses pénates un an plus tard. En 2020, une quadrangulaire balaie Isabelle Guiraud après deux victoires, alors qu’elle a remporté le premier tour. François Rio se cale dans le fauteuil de maire et voit sa majorité se déliter dans les querelles, les inimitiés. Il décède, fin décembre 2025, alors qu’il a été défait de 80 % de ses délégations et n’est plus accompagné que de six conseillers… qui parviendront à se déchirer encore, à l’heure de désigner un successeur pour trois mois.

Le chaos et le blocage.

« Il faut qu’on retrouve de la stabilité ! », lâche Patrick Hivin, ce lundi midi, filant en bras de chemise dans les Halles védasiennes imaginées par le défunt premier magistrat. C’est lui qui est arrivé n°1, mais on ne se bouscule pas pour causer, « seul Philippe Hippert m’a appelé (NDLR, dernier qualifié). Il parle avec beaucoup de monde, j’ai l’impression, et ça ne me plaît guère. Il faut savoir ce que l’on veut », tant et si bien que M. Hippert ne fera pas d’alliance… finalement, a-t-il fait savoir.

Des électeurs éparpillés façon puzzle

« On en a marre. Arrangez-vous, on ne sait plus où on va et on en a marre ! », s’agace Nacim, une injonction lancée virtuellement aux sept candidats. Il est né ici, quand Saint-Jean, au tournant du millénaire comptait 5 000 habitants de moins : « Les Védasiens sont fatigués de leurs guéguerres, qu’ils se tirent dans les pattes. Il faut qu’ils trouvent un compromis et qu’ils fassent des concessions. » Il en doute, trop de « trahisons, de coups de couteau dans le dos », soupire-t-il, interpellé par un fait : « Sont-ils à droite ou de gauche, ils ne savent plus le dire. L’un nous a répondu : « On est divers ». Divers quoi ? « Divers ». »

Cette absence d’étiquette n’aura pas aidé, dimanche, un électorat égaré par le nombre de listes et l’absence de personnalité marquante. Océane le dit : « Moi, je vais plus vers la gauche. C’était difficile à identifier, il fallait être très attentive à leurs programmes. » Frédéric le pense aussi : « De quel parti sont-ils ? J’ai des idées et ça me ferait mal si je votais, sans le savoir, pour un parti opposé. Quand on est un expatrié, entre guillemets, nouvellement arrivé, on ne connaît pas l’histoire des candidats. » La confusion qui régnait entre eux dans la cité héraultaise, « le flou », juge Cécile, a ainsi, « le flou », juge Cécile, au premier tour, ayant largement contribué à l’éparpillement des voix et au scénario improbable. « J’ai cru à une erreur, raconte d’ailleurs Frédéric : sept. J’ai dû aller vérifier sur plusieurs médias. »

De quel parti sont-ils ? J’ai des idées et ça me ferait mal si je votais, sans le savoir, pour un parti opposé

Au premier tour, relate une vendeuse de magasin, « avec mes passages clients, j’entendais les gens dirent ne pas savoir pour qui voter ». Pas sûr qu’ils y voient plus clair au second. Pas sûr que le contenu des programmes les aide ; « on a un socle fait des mêmes problématiques », admet Arnaud Disset, de la liste Mysona. Pas sûr que les tractations en cours, lundi, « débroussaillent » le paysage.

Sept candidats ? Pas exclu. Six, une bonne probabilité. Cinq au moins, presque garanti. Ça ne serait pas inédit, sans être ordinaire. « À Saint-Jean-de-Védas, c’est souvent spécial. »

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