Municipales 2026 en Occitanie : les alliances ou retraits rebattent les cartes avant le second tour

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Les tractations entre finalistes se sont prolongées jusqu’à ce mardi, dernier délai pour déposer les listes en préfecture en vue du second tour. Tour d’horizon d’un entre-deux tours animé.

En politique, 1 + 1 ne font pas toujours 2. Lors des élections municipales 2020 à Montpellier, l’addition des voix de Mohed Altrad (13,30 %), Rémi Gaillard (9,58 %), Alenka Doulain (9,25 %) et Clothilde Ollier (7,25 %), avait porté l’industriel à… 18,12 %, loin des 40 points espérés pour renverser Philippe Saurel et surtout Michaël Delafosse arrivés devant au premier tour. C’est peut-être le souvenir cuisant de cette union souvent qualifiée de « contre-nature » qui a poussé Mohed Altrad à refuser, six ans plus tard, une nouvelle alliance alors qu’il était encore courtisé au soir du premier tour, cette fois par l’ancien maire Philippe Saurel. « Pendant des mois, nous avons construit un programme avec les Montpelliérains, on ne peut pas le modifier pour un calcul électoral« , a-t-il justifié ce mardi sur les réseaux sociaux.

À Montpellier, les trois candidats qualifiés (Michaël Delafosse et Nathalie Oziol, en plus de Mohed Altrad), n’ont donc pas profité de la possibilité laissée aux finalistes des élections municipales de fusionner avec des adversaires pour redessiner la configuration du second tour, ce qui semble placer le maire sortant sur un boulevard vers sa réélection. Mais ce mardi à 18 h, date butoir pour déposer les listes en préfecture, les cartes ont tout de même été rebattues dans plusieurs communes de la région, soit après une alliance, soit après un désistement. Tour d’horizon.

1- Des fusions à Nîmes, Mende, Rodez…

Ils l’ont annoncé dès lundi, à Nîmes, les deux candidats issus de la majorité Fournier mais partis séparément, Franck Proust et Julien Plantier, ont décidé de s’unir au terme d’un premier tour où ils sont arrivés loin derrière, 3e et 4e, avec un retard de plus de dix points sur le Frontiste Julien Sanchez et le communiste Vincent Bouget. Politiquement logique puisque les deux ont déjà siégé ensemble ; théoriquement suffisant pour passer devant… Mais à condition de faire oublier aux électeurs une année de reproches, invectives et coups bas pour ne pas perdre des voix en cours de route. D’où le choix du nom de la liste « Nîmes par dessus tout », et l’argument « du choix de la raison face au danger que représentent la gauche et le RN », dixit Franck Proust. À gauche, en off, on dit espérer accueillir les centristes déçus par ce mariage « blanc » ; au RN aussi, on lorgne des voix de la droite.

À Rodez, ce sont aussi des anciens colistiers qui ont décidé de se retrouver, pour faire tomber le maire Christian Teyssedre… dont ils étaient jadis les adjoints. Là, cette alliance entre le député Renaissance Stéphane Mazars (34,53 %) et Sarah Vidal (18,36 %) devrait s’avérer gagnante, tant l’écart était mince avec le sortant, moins de 50 voix.

À Mende aussi, l’alliance entre le premier, Patrice Saint-Léger (34,34 %), et la troisième Emmanuelle Soulier (21,15 %), devrait faire la différence face à la liste issue de la majorité sortante et menée par Stéphanie Maurin (32,29 %). Même s’il y a une déperdition de voix pour ce nouveau binôme idéologiquement pas si proche – au point de ne pas avoir fait de liste commune malgré un rapprochement avant le premier tour –, l’avance théorique semble suffisante. Si elle dit avoir privilégié « le besoin d’alternance », Emmanuelle Soulier ne cache pas toutefois que la décision a été « compliquée à prendre », par rapport à ses colistiers et ses électeurs.

Ce dilemme explique le faible nombre d’alliances en ex-Languedoc-Roussillon. Des accords ont en effet été conclus à Saint-Jean-de-Védas, où le nombre record de qualifiés nécessitait des rapprochements et à Clermont-l’Hérault où trois challengers jouent leur va-tout face au maire Gérard Bessière, proche de la victoire.

Un nombre réduit de seconds tours

À l’heure où nous écrivions ces lignes, toutes les préfectures n’avaient pas encore publié les listes officiellement enregistrées pour le second tour. Il y avait toutefois dans l’Hérault, pour les 35 seconds tours, 13 duels, 17 triangulaires, 3 quadrangulaires et 1 quinquangulaires. En Lozère, il n’y a que quatre deuxièmes tours, à Grandrieu, Mende, Meyrueis et Saint-Chély-d’Apcher. À peine plus en Aveyron avec trois triangulaires à Rodez, Decazeville et Saint-Jean-du-Bruel et deux duels à Réquista et Decazeville. Enfin, 16 seconds tours sont annoncés dans le Gard, mais nous n’en connaissions pas encore les configurations.

2-… Et surtout des désistements

En fait, ces deux jours qui ont suivi le premier tour ont surtout été marqués par des désistements, parfois à l’issue de négociations qui n’ont pas abouti. C’est le cas à Lodève, où l’ancien député insoumis Sébastien Rome a bien tenté de s’allier avec la socialiste et élue régionale Fadilha Benammar-Koly… mais en vain, et c’est peut-être à cause de la présidente de région Carole Delga qui le matin même a redit refuser tout accord entre PS et LFI. En cas de maintien, Sébastien Rome aurait laissé un boulevard au candidat Divers droite Claude Laateb, arrivé 1er et théoriquement à 50 % avec le désistement de l’autre liste de droite. « En responsabilité  », il a jeté l’éponge.

À Sète, Pascal Pintre à droite, Sébastien Denaja à gauche, ont aussi fait le choix de se retirer pour favoriser le maire Hervé Marques pour le premier, la candidate Laura Seguin pour le second, dans ce qui devient un match droite-gauche avec le RN Sébastien Pacull en arbitre. À Alès, les trois candidats trop loin pour espérer jouer la victoire ont décidé de laisser le terrain libre au maire sortant Christophe Rivenq face à son adversaire RN. Un front républicain qui a aussi incité Philippe Broche à Bagnols-sur-Cèze et les maires Sébastien Frey à Agde et Gérard Larrat à Carcassonne, à se retirer, même si cela risque de ne pas influer sur l’élection.

Souvent, et c’est aussi l’une des motivations de Sébastien Frey, les candidats trop décrochés ont tout simplement compris que les électeurs ne voulaient pas (plus) d’eux. C’est le cas du maire de Laudun-l’Ardoise Yves Cazorla, de son homologue Alain Castan à Montady ou de Régis Morvan à Grabels qui laisse le sortant René Revol dans un duel mal embarqué face à Pascal Heymes. Dans tous ces cas, le paysage s’est éclairci, à l’image de Pont-Saint-Esprit où la quinquangulaire devient triangulaire. Reste à savoir si un report des voix peut s’opérer.

3-Tous les finalistes se maintiennent

Il y a évidemment des situations où tous les candidats sont restés campés sur leur position, notamment dans les villes où les écarts laissent la porte ouverte à tous les résultats, comme à Lunel, Mauguio ou Villeneuve-lès-Maguelone dans l’Hérault. Dans toutes ces communes, la campagne se poursuit donc avec les mêmes protagonistes. Fin du suspense dimanche soir.

Lire aussi : « Ce n’est pas une simple addition », l’analyse du politologue David Gouard

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