Le maire sortant Michaël Delafosse obtient 50,13 % des voix face à la candidate insoumise Nathalie Oziol (25,06 %) au coude à coude avec le candidat divers centre Mohed Altrad (24,81 %).
C’est reparti pour un mandat de plus. Michaël Delafosse a été réélu maire de Montpellier au terme d’un second tour sans réel suspense. Arrivé en tête dimanche dernier avec 33,41 % des suffrages exprimés devant Nathalie Oziol (LFI) et Mohed Altrad (divers centre), sa victoire ne faisait guère de doute. Jusqu’où les Montpelliérains allaient-ils le porter ? Telle était la question. Au final, les électeurs lui accordent une victoire nette et sans appel : il obtient 50,13 % des voix. La candidate insoumise Nathalie Oziol devance Mohed Altrad d’une courte tête avec 25,06 % contre 24,81 %.
Abstention record de 54,16 %
Mais Michaël Delafosse, pas plus que les autres n’a réussi à convaincre la moitié des électeurs à se rendre aux urnes ce dimanche. Sur 175 017 inscrits, 80 215 sont allés voter. Soit une abstention record de 54,16 %. Les Montpelliérains avaient pourtant un choix pléthorique entre treize listes différentes au premier tour. La preuve d’une vivacité démocratique, un record en France avec la ville de Strasbourg. Comment expliquer alors cette défaite démocratique ? Défiance généralisée, paresse citoyenne, déconnexion entre deux mondes ? Michaël Delafosse n’élude pas la question : « Cela dit que les gens ont des problèmes et cela leur apparaît parfois très loin de leur quotidien. » L’élu « qui dit ce qu’il fait et fait ce qu’il dit » brandit son arme de « la clarté » : « Quand on propose la gratuité des transports, on dit le jour et l’heure, oui la politique peut changer les choses. » Après la concrétisation de l’essentiel de ses promesses de campagne au prix d’un engagement inébranlable durant le mandat écoulé, Michaël Delafosse ne compte pas changer de méthode. « N’espérez pas de pause ! », lance-t-il face à la presse en milieu de soirée.
Un report de voix en faveur de Mohed Altrad
La surprise de ce second tour réside finalement plutôt du côté de ses adversaires. La candidate de La France insoumise Nathalie Oziol a perdu sa longueur d’avance face à Mohed Altrad. L’homme d’affaires, qui s’est présenté sans étiquette, a bénéficié du report de voix des candidats du centre droit éliminés au premier tour. Les électeurs d’Isabelle Perrein et de Philippe Saurel, hermétiques à LFI et désireux de tourner la page Delafosse, ont trouvé en Altrad leur « sauveteur ». Difficile de dire à qui aura bénéficié le report de voix des deux candidats d’extrême-droite, France Jamet et Thierry Tsagalos, et du « clown » autoproclamé Rémi Gaillard.
Recomposition de l’opposition
Avec 53 élus au sein du conseil municipal, Michaël Delafosse n’aura aucun mal à dérouler son programme. L’opposition, elle, voit son visage évoluer. Nathalie Oziol et Mohed Altrad obtiennent chacun huit élus. En sus de son opposante en chef Alenka Doulain, la majorité devra ferailler avec plusieurs piliers locaux insoumis : Nathalie Oziol, Antoine Bertrand, Rhany Slimane, Livia Jampy ou l’exfiltrée des écologistes Julia Mignacca. La défaite de René Revol – seul maire insoumis de l’Hérault – à Grabels sort également une épine du pied de Nathalie Oziol. Elle pourra librement taper sur le projet contesté de CSR, à l’issue de sa consultation citoyenne, ou sur d’autres choix de la majorité qui étaient portés à la Métropole par son suppléant à l’Assemblée nationale…
L’éminence grise Salim Jawhari
Il y a fort peu de chances enfin que Mohed Altrad siège au conseil après sa politique de la chaise vide durant le précédent mandat. C’est à son éminence grise Salim Jawhari que reviendra le rôle d’empêcheur de tourner en rond. Anciennes colistières de Philippe Saurel, Stéphanie Jannin et l’ancienne ministre déléguée Patricia Mirallès conservent leur siège au sein du conseil. Un avantage incontestable pour conserver de la visibilité et poursuivre une carrière politique.
Prêt à remettre le compteur qui trône dans son bureau à zéro, Michaël Delafosse est déjà dans les starting-blocks.






