"On assiste à la destruction d’un tissu économique qui est vital à la vie de nos quartiers" : un épicier condamné pour vente frauduleuse de tabac dans le Gard

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L’épicier, âgé de 26 ans, a été poursuivi pour avoir vendu des cigarettes provenant d’Espagne dans son commerce basé à Milhaud. Fait qu’il assume, expliquant qu’il s’était adonné à ce trafic pour payer ces charges. Un point condamné par le représentant du ministère public.

« Ils ne connaissent même pas le prix d’une laitue », dénonce le procureur Philip Ughuetto-Porteglio, ce jeudi 19 mars, à l’attention du prévenu. Âgé de 26 ans, ce jeune avait repris la gestion d’une épicerie de nuit sur la commune de Milhaud. Mais avançant des « problèmes pour payer mes charges », il reconnaît avoir eu recours à la vente de tabac importé d’Espagne entre mars et juillet 2023, date à laquelle il s’est fait interpeller.

« Ça n’excuse rien, je sais », reconnaît-il toutefois, ce jeudi, face au tribunal correctionnel de Nîmes. Et explique, par ailleurs, avoir compris la leçon puisqu’après plusieurs fermetures administratives ordonnées par le préfet du Gard, il a baissé définitivement les rideaux de sa boutique.

« C’est scandaleux »

Malgré sa « bonne foi », Edouard Le Jan rappelle que le prévenu avait fait preuve d’ingénierie pour faire perdurer ce trafic parallèle. Notamment l’installation d’un meuble dans lequel une trappe était dissimulée pour stocker cette marchandise importée. Un complément d’activité qui, selon le rapport d’enquête, se chiffrerait à 27 000 euros sur cette période de cinq mois. Une somme que l’épicier nuance. « C’est plutôt 5 000, 6 000 euros car au début, je ne vendais pas beaucoup », assure-t-il.

Un dossier qui, pour le procureur Philip Ughetto-Porteglio, illustre parfaitement le fléau que subissent les autres épiceries, victimes d’une concurrence déloyale. « C’est scandaleux. Combien d’épiceries ferment à cause de ces commerces parallèles ? Ces épiceries vendent du tabac frauduleux, d’autres du gaz hilarant, ou encore du stupéfiant. Ils n’ont aucun scrupule. C’est intolérable. On assiste à la destruction d’un tissu économique qui est pourtant vital à la vie des quartiers », martèle-t-il. Se basant sur l’absence d’antécédents judiciaires du prévenu, il requiert 10 mois de prison totalement assortis d’un sursis simple et d’une amende de 3 000 euros.

Mais pour Me Grégory Loiron, en défense, les arguments évoqués par le représentant du ministère public sont des amalgames. « On montre du doigt ces commerces illégaux, on vous parle de gaz hilarant, voire de stupéfiants. Mais ici, le produit est légal. On parle de cigarettes », nuance-t-il. Et rappelle que son client a « servi son pays pendant trois ans lors de son engagement à l’armée de terre ». Il plaide pour une peine personnalisée. Après délibéré, l’épicier est condamné à 6 mois totalement assorti d’un sursis et 3 000 euros d’amende. La somme saisie lors de la perquisition, soit 2 365 euros, est également confisquée.

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