On assiste à une véritable "explosion de vie" au lac temporaire des Rives

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Les espèces colonisent rapidement le lac des Rives et les trous d’eau qui se sont formés, alentour, depuis décembre. Ce jeudi, des agents de l’OFB étaient en prospection dans le secteur afin d’établir un inventaire des batraciens et des crustacés qui s’y développent.

Le festival de coassements a débuté au crépuscule aux abords du lac des Rives, donnant à ce coin du Larzac une ambiance de jungle. Ce jeudi soir, les températures tout juste positives rappellent pourtant que les tropiques sont bien loin. « Ici, sur le plateau, ce sont à peine les prémices du printemps. La période de reproduction des amphibiens commence », sourit Pascal Arnaud. Bottes aux pieds, le retraité de l’Office français de la biodiversité reste un naturaliste passionné.

Retraité de l’OFB, Pascal Arnaud reste un naturaliste passionné.

Un inventaire de l’état de ces zones temporaires

En prospection dans le secteur, une équipe de l’OFB identifie à l’oreille les différentes espèces de batraciens présentes dans cette zone où les points d’eau se sont multipliés après les pluies hivernales. « La grenouille verte émet un son grave, le calamite peut évoquer le son du grillon, le pélodyte ponctué rappelle le bruit que font les boules de pétanque lorsqu’on les choque », décrypte Kevin Séjourné, agent de l’OFB. Plus loin, un cri rappelle celui du petit duc, le plus petit des hiboux. Mais il s’agit en réalité du chant de l’alyte accoucheur, un crapaud qui a la particularité de porter ses œufs sur le dos, explique le spécialiste.
Dans la pénombre, les agents prennent des notes, à la lampe torche. Cartes à l’appui, ils consignent les données collectées sur le terrain. « Cela permet de faire un inventaire de l’état des mares, lavognes et des lacs temporaires du secteur. Ce porter à connaissance sera utile pour formuler des recommandations », explique Jean-Michel Castan, référent connaissance à l’OFB. Les données du recensement sont notamment transmises au Parc naturel régional des grands Causses qui œuvre à la protection de la biodiversité. L’œil aux aguets, les agents repèrent des grappes d’œufs d’amphibiens, puis des spécimens en plein accouplement. Sur les rives du lac, des crapauds déambulent avec des mouvements robotiques. Le froid saisissant semble engourdir les membres des quadrupèdes alors que l’eau, à une température de 11 °C, ferait presque figure de doux refuge.

Des espèces typiques des points d’eau temporaires

Dans cette onde translucide, de minuscules êtres semblent danser en toute insouciance, sous la lumière des torches. « C’est l’un des petits crustacés branchiopodes typiques des zones d’eau temporaires. Celui-ci s’appelle le chirocéphalus diaphanus, ou la crevette fée. Elles nagent sur le dos avec leurs pattes branchiales », décrit Pascal Arnaud. Le crustacé se développe dans ces eaux intermittentes à la faveur de crues, parfois décennales. « La colonisation est très rapide. Les œufs, enkystés, sont restés dans le sol, mélangés à la terre depuis la dernière mise en eau. Dès que l’eau revient, le cycle recommence. Cela peut résister plusieurs années et supporte même de fortes températures », explique-t-il. Comme cette espèce déjà présente par millions dans le lac temporaire, de nombreuses espèces « colonisent le lac très rapidement. On assiste en ce moment à une explosion de vie dans ces eaux », formule Pascal Arnaud. Un développement qui ira “crescend’eau” avec l’arrivée du printemps. D’autres espèces sont encore attendues, telles que le triops qui semble tout droit sorti de la préhistoire… Patience, la nature est à l’œuvre.

Différents espèces de batraciens

Reinettes, pélodytes ponctués, calamites ou encore pélobates cultripèdes, la diversité des batraciens présents sur le plateau donne un aperçu de la richesse d’un biotope qui profite des crues temporaires mais sait s’adapter à de longues périodes de sécheresse.

Le lac

Le lac des Rives constitue le bas-fond d’un bassin-versant de 18 km2. Il récolte les eaux de tout le secteur. Mais dans cette zone, de nombreux autres points d’eau temporaires se sont formés après les pluies hivernales. Ces spots constituent autant de lieux propices au développement de nombreuses espèces. Cejeudi soir, les agents de l’OFB ont prospecté une large partie de la zone, jusque très tard dans la nuit. Plus largement, 25 lacs temporaires sont répertoriés sur le Larzac. Celui des Rives est le plus connu.

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