Une jeune catalane paraplégique a obtenu légalement le droit à l’euthanasie, mais son père et une association ultra-conservatrice s’acharnent juridiquement pour l’en empêcher. Ce mardi 24 mars, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a rejeté leur dernier recours. L’euthanasie de la jeune fille est prévue ce jeudi 26 mars.
En 2022, Noelia se jette du cinquième étage. Elle survit, mais reste paraplégique. Deux ans plus tard, en avril 2024, elle demande officiellement l’euthanasie, dans le cadre de la loi espagnole adoptée en 2021, qui autorise toute personne souffrant d’une maladie grave et incurable ou d’une souffrance chronique et invalidante à y recourir légalement.
Sa demande est jugée conforme par trois juridictions successives, dont le Tribunal suprême. Mais son père refuse. Accompagné de l’association ultraconservatrice Abogados Cristianos (Avocats chrétiens), il multiplie les recours pour bloquer la procédure relatent nos confrères catalans El Mundo.
Une longue bataille judiciaire pour le droit a la mort
Depuis le départ le père argue que sa fille, aujourd’hui âgée de 25 ans, souffre de troubles mentaux pouvant « affecter sa capacité à prendre une décision libre et consciente ». De son côté, la procédure a été scrupuleusement respectée. La demande de Noelia a été validée à chaque étape judiciaire, et sept professionnels de santé ont évalué la jeune femme sans émettre le moindre doute sur sa capacité à prendre une décision libre et éclairée.
Cette semaine la justice espagnole et la Cour européenne des droits de l’homme ont confirmé le droit de Noelia à mourir dans la dignité, note L’Indépendant. L’euthanasie est donc maintenue a aujourd’hui jeudi 26 mars 2026.
Au-delà du cas de Noelia, c’est une tendance de fond qui inquiète les défenseurs du droit à mourir, celle de voir les décisions d’euthanasie systématiquement contestées en justice. Pour eux, certaines forces politiques cherchent à contourner par les tribunaux une loi qu’elles n’ont pas pu empêcher au Parlement.







