Chaque fin de semaine, Midi Libre Béziers donne une idée d’adresse pour déjeuner. Ce vendredi 3 avril, bienvenue à Osakaya, le premier restaurant japonais de Béziers, ouvert en 2010, tenu par le chef Ping Zhang et sa femme Claire.
Non, non, ce n’est pas qu’une image. La ceinture noire de sushi existe bel et bien. C’est un titre officiel obtenu après une participation à la coupe du monde de sushi au Japon. Bien entendu, les chefs qui s’y frottent doivent être parmi les meilleurs « maîtres ès sushis » de la planète.
C’est le cas de Ping Zhang, 43 ans, du restaurant japonais Osakya, sis au 12 avenue Saint-Saëns, à Béziers, non loin des Allées. Ce professionnel régale les Biterrois depuis 2010 de ses sushis, sashimis, makis et autres spécialités nippones.
Et pour mieux faire voyager les papilles dans la salle, des tons taupe, jaune et bois, très sobres, des murs et du mobilier pour un décor chic conçu par l’architecte biterrois Patrick Abes, plongent le client dans le calme et les saveurs du pays du vinaigre de riz, du miso, des flocons de bonite, feuilles de shiso et autres condiments ou ingrédients.
De Shanghai à Béziers
Pourtant, rien ne prédestinait Zhang Ping à la cuisine japonaise. Né et ayant grandi en Chine, sa passion, c’est l’art. « Depuis tout petit, j’aimais dessiner, peindre, notamment des objets. Après des études d’art, j’ai commencé par travailler auprès d’un architecte d’intérieur à Shanghai. » Mais Ping ne veut pas en rester là. « Je voulais faire les Beaux-arts de Marseille pour parfaire ma formation. »
Il arrive en France en 2007 avec son épouse Claire (son nom français), et s’inscrit aux Beaux-arts de la cité phocéenne. « Parallèlement, pour aider à financer mes études, je travaillais dans un restaurant japonais. »
C’est le coup de foudre. Ping Zhang ne lâchera plus jamais le sushi. « Je me suis formé auprès de divers grands chefs japonais à Marseille. » Trois ans plus tard, le chef veut se mettre à son compte. « Il n’y avait pas de restaurant japonais à Béziers. C’est pour cela que nous avons choisi cette ville. » Il ouvre donc, en 2010, Osakaya, sur l’avenue Saint-Saëns, qui ne propose que des « créations » gastronomiques hautes en couleurs et en goûts signées Ping Zhang. De véritables œuvres d’art…
Un palmarès prestigieux
Car, depuis ses débuts biterrois, le chef est passé maître du sushi. Formations, concours, championnats… Il n’arrête pas. En 2018, il est consacré champion de France de la découpe de poisson. L’année suivante, vice-champion de France du sushi. Avec ce titre, il intègre l’équipe de France de sushis composée de cinq grands chefs. C’est là qu’il décide partir à Tokyo. Après un stage de deux semaines auprès d’un grand maître, il participera à la « World cup sushi » (coupe de monde) et obtiendra la ceinture noire de sushi. Ses trophées sont d’ailleurs exposés dans son restaurant.
Avec un tel palmarès, et surtout ses makis au foie gras avec saumon mi-cuit, avocat, sauce anguille et confiture de yuzu, ou encore ses golden crispy sushi taï, à base de daurade avec sauce du chef, œufs de capelan, jus de yuzu et huile de truffe… Ping Zhang grave les mémoires gustatives. Même celles des végétariens puisque sa carte propose aussi des délices élaborés uniquement à partir de produits végétaux.
Pour les plus traditionnels, sachez que les poissons utilisés et les légumes sont locaux. Pour le reste, comme le konbu (algue séchée), les feuilles de bonite, le riz ou l’épice dashi, le chef se fait livrer directement du Japon.
Le seul bémol dans ce voyage gustatif, c’est le retour : va manger des sushis de supermarchés après ça !








