Plus de 80 % des parents ont recours à des violences verbales ou psychologiques : ce que révèle le baromètre sur les violences éducatives

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Le 3e baromètre 2026 Fondation pour l’Enfance-Prévéo, publié ce vendredi 17 avril, révèle une sombre réalité : malgré une prise de conscience, les violences physiques et verbales restent ancrées dans le quotidien des parents. Un fait inquiétant, alors que ces actes peuvent nuire au développement et au bien-être de l’enfant.

Des nombres inquiétants. À l’approche de la journée internationale de la non-violence éducative, la Fondation pour l’Enfance et l’équipe de recherche Prévéo ont dévoilé les résultats de la troisième édition de leur baromètre consacré aux violences éducatives ordinaires (VEO).

Menée par l’Ifop auprès de 1 005 parents, cette étude met en lumière le décalage persistant entre l’adhésion croissante aux principes d’éducation non violente et la réalité des pratiques quotidiennes.

Car si une large majorité de parents (87 %) reconnaît que l’éducation sans violence physique ni verbale est de plus en plus encouragée en France, les chiffres témoignent d’une difficulté à abandonner certaines pratiques nocives pour l’enfant.

Une notion qui demeure floue

Au cours des douze derniers mois, 83 % des parents ont ainsi admis avoir eu recours à des violences verbales ou psychologiques, telles que les cris ou les menaces. Plus inquiétant encore, 37 % des personnes interrogées déclarent avoir exercé des violences physiques, allant de la simple tape à la fessée.

La notion de « violence éducative ordinaire » demeure floue pour une partie de la population. Si 72 % des parents déclarent connaître le terme, ils sont peu à en comprendre précisément les contours. « La notion ‘d’ordinaire’ tend à exclure les actes jugés trop violents […] quand la notion de violence tend à écarter les actes ne portant pas atteinte à l’intégrité physique », analyse le communiqué.

Cette méconnaissance tend à banaliser certains actes. La fessée, par exemple, bénéficie encore d’une certaine tolérance : 36 % des parents la jugent acceptable dans un but pédagogique et 30 % la considèrent parfois comme l’unique moyen d’obtenir l’obéissance de leur enfant.

La banalisation des violences psychologiques

L’étude révèle également une disparité notable entre les sexes. Les pères se montrent plus enclins à légitimer les châtiments corporels : 40 % d’entre eux estiment que certains enfants en ont besoin pour apprendre à bien se comporter, contre 25 % des mères. Ce sentiment d’utilité éducative reste ancré malgré la connaissance de la loi de 2019 interdisant ces pratiques, un texte ignoré par environ un parent sur trois.

Au-delà de la sanction physique, les punitions psychologiques — comme le rejet affectif ou les insultes — sont perçues par 32 % des parents comme un levier pour enseigner le sens du bien et du mal. Pourtant, les risques identifiés par les répondants eux-mêmes sont réels : plus de 70 % des parents s’accordent à dire que ces violences peuvent conduire l’enfant à normaliser et reproduire l’agressivité à l’avenir.

Face à ces constats, la Fondation pour l’Enfance souligne l’importance d’accompagner davantage les parents. Bien que 86 % de ceux ayant cherché des conseils se sentent bien informés, plus de la moitié des familles exprime un besoin croissant de ressources pour mieux comprendre le développement de l’enfant et apprendre à gérer les tensions familiales sans recourir à la force ou à l’humiliation.

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