Odile Thominet, maire de Surtainville (Manche) pour encore quelques jours, ne pèse pas ses mots. « C’est étonnant et inquiétant. » L’élue réagit ainsi après avoir retrouvé trois animaux marins échoués sur la plage de sa commune, début février puis les 17 et 18 mars 2026. « Ça fait quand même trois en l’espace d’un mois ! »
Le marsouin commun qui gisait mardi était jeune, d’après l’édile. « Il portait des traces de morsures. Le dauphin commun qu’on a vu mercredi, par contre, était plus vieux et pratiquement dévoré. Il était difficilement identifiable. » À l’instar de la première bête de février, il était très grand et mesurait environ 2 m 60.
Des nécropsies
Comme à chaque fois, ces animaux ont été évacués des lieux avant d’être examinés par le Groupe d’études des cétacés du Cotentin (GECC) et l’observatoire Pelagis qui procéderont à une nécropsie pour identifier les causes du décès et en savoir plus sur l’animal.
Non loin de là aux Pieux, la dépouille d’un dauphin adulte avait également été retrouvée échouée sur la plage de Sciotot le mardi 17 mars vers 17 heures. Sa présence avait aussitôt été signalée aux gendarmes de la communauté de brigades des Pieux. L’observatoire Pélagis avait encore été avisé. Malheureusement, en raison de la marée, il n’avait cette fois pas été possible de récupérer la carcasse, probablement la même emportée par la mer samedi après-midi depuis Le Rozel. Les autorités espéraient pouvoir la retrouver dans les prochains jours.
Rien d’anormal
Un autre dauphin avait terminé sa vie sur une plage de Bréhal, samedi, et un phoque mort a également été retrouvé récemment sur le littoral du Cotentin. Faut-il pour autant s’inquiéter de toutes ces découvertes ? « Non, il n’y a rien d’anormal et pas d’inquiétude particulière sur la mortalité des animaux échoués en Normandie. On y porte plus d’attention lorsqu’il y a beaucoup d’individus qui présentent des traces de capture, ou lors de suspicions d’épidémie », rassure Gérard Mauger, le sympathique président du GECC.
Et de développer : « La Manche est riche en population de mammifères marins, notamment des phoques et des dauphins. Ils meurent de leur belle mort la plupart du temps, si ce n’est de cause accidentelle ou de maladie. Certains des cadavres flottent et d’autres coulent, un phénomène que l’on ne peut pour l’instant pas expliquer. Lorsqu’ils flottent, avec le jeu des courants et des marées, ils terminent au large ou sur les côtes. Les cadavres retrouvés ne sont que la partie immergée de l’iceberg ».
Quand les circonstances entraînent les individus morts sur la plage, l’occasion permet en tout cas de rappeler qu’ils revêtent un intérêt scientifique pour les spécialistes. « Ils constituent un matériel biologique très intéressant et un outil super important pour l’étude des espèces. On peut faire des nécropsies très poussées. Ce sont de belles sources d’informations ! », met en avant Gérard Mauger. C’est ce qu’on appelle donner son corps… à la science.
Pour signaler un échouage, contacter l’observatoire Pelagis (05 46 44 99 10) ou le GECC (06 62 18 40 60). Évitez également de toucher un cadavre, qui peut être porteur de germes.
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