Procès Nestlé Waters : la société jugée pour avoir maintenu des décharges sauvages près de Vittel et Contrexéville

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La filiale d’eaux minérales du conglomérat suisse Nestlé est jugée à partir de ce lundi 23 mars pour avoir maintenu des décharges sauvages près de Vittel et Contrexéville, où elle exploite des eaux réputées, dans l’est de la France. Le procès se tiendra jusqu’à vendredi.

Ce qu’il faut retenir :

  • Le procès de Nestlé Waters s’ouvre ce lundi 23 mars à Nancy. La filiale est jugée pour avoir maintenu des décharges sauvages à Contrexéville, They-sous-Montfort, Saint-Ouen-lès-Parey et Crainvilliers (Vosges), polluant les sols et les eaux.
  • L’enquête pointe des concentrations de microplastiques jusqu’à 30 millions de fois supérieures à celles de la Seine. Ces résidus, accumulés depuis les années 1960 sur une dizaine de sites, rendraient toute vie aquatique locale impossible.
  • Si sept sites ont été nettoyés, des montagnes de déchets atteignant 25 mètres de haut subsistent. Les parties civiles dénoncent une "bombe à retardement" environnementale, tandis que Nestlé affirme l’absence de pollution dans ses forages.

La filiale d’eaux minérales du conglomérat suisse Nestlé est jugée à partir de ce lundi 23 mars pour avoir maintenu des décharges sauvages près de Vittel et Contrexéville, où elle exploite des eaux réputées, dans l’est de la France.

La société Nestlé Waters est notamment poursuivie devant le tribunal correctionnel de Nancy (Meurthe-et-Moselle) pour avoir, autour de ces décharges, « laissé s’écouler dans les eaux superficielles et souterraines » des « particules de microplastiques » à des concentrations « rendant toute vie aquatique impossible et ayant des effets nuisibles sur la santé, la flore et la faune ».

Recensées dans les communes de Contrexéville, They-sous-Montfort, Saint-Ouen-lès-Parey et Crainvilliers, dans les Vosges, les substances controversées représentent l’équivalent de 126 piscines olympiques. Un volume cumulé qui « donne le vertige », selon l’association France nature environnement (FNE).

Avec les autres parties civiles, FNE attend de ce procès la reconnaissance de la responsabilité de Nestlé, ainsi que des décisions sur « le devenir de ces décharges face aux risques pour l’environnement et la santé » des riverains.

Des décharges qui font du mal

L’enquête, menée par le pôle régional « environnement » du parquet de Nancy, a permis de retrouver des déchets sous forme de « bouteilles d’eau, de verre, de polymères », mais aussi des « déchets de démolition » et des « carcasses de véhicule, encombrants », ou encore des « capsules en plastiques ».

Les décharges datent des années 1960, lorsque la Société générale des eaux minérales de Vittel a remplacé les bouteilles en verre par celles en plastique. Ce nouveau procédé de fabrication a induit nombre d’erreurs, et toutes les bouteilles non conformes étaient jetées à proximité des sites. Nestlé, qui n’a racheté la société et les terrains qu’en 1992, s’est « toujours engagé à traiter » les décharges « de manière responsable », rappelle l’industriel à l’AFP.

Les poursuites judiciaires concernent une dizaine de sites dans des petites communes proches des usines où le géant suisse embouteille ses eaux de Vittel, Contrex et Hépar. Sept d’entre eux « ont déjà été nettoyés » et pour les trois autres, « plusieurs années d’études et de suivis environnementaux approfondis ont été nécessaires », selon l’entreprise. « Ces études ont été faites et des discussions avancées sont aujourd’hui en cours avec les autorités pour déterminer et mettre en oeuvre des solutions pérennes. »

Sur les sites restants à dépolluer, la nature a repris ses droits, mais des montagnes de déchets sont encore cachées par la végétation. À They-sous-Montfort par exemple, une analyse d’ingénieurs versée au dossier relève « la présence homogène sur l’ensemble du site de traces métalliques », mais aussi par endroits d’hydrocarbures ou d’amiante. Les auteurs de cette étude estiment « la hauteur des déchets stockés entre 10 et 25 mètres, soit un immeuble de 6 étages », selon un document de l’enquête dont l’AFP a eu connaissance.

« Taux exorbitants » de microplastiques

Une « pollution des eaux » est par ailleurs « confirmée » à They-sous-Montfort « par l’absence d’oxygène, rendant toute vie aquatique impossible et ayant des effets nuisibles sur la santé, la flore et la faune par leur toxicité ». À Contrexéville, la hauteur des déchets accumulés varie de 10 à 15 mètres, soit « des immeubles de 3 à 5 étages sous terre », selon le même document.

En outre, des « taux exorbitants » de microplastiques ont été retrouvés par des analyses diligentées en laboratoire, selon l’enquête, qui évoque des proportions « incommensurables » de ces substances dans les sols des décharges, mais aussi « sur les terres et les eaux situés en avals ».

Selon les lieux de prélèvement, l’Office français de la biodiversité (OFB) a conclu que le taux de microplastiques dans l’eau était « jusqu’à 30 millions de fois supérieur » à celui relevé dans la Seine.

« L’État ne semble pas avoir pris la mesure… »

Selon les ingénieurs, il est « incontestable que les matières trouvées sont liées à la décharge de plastiques », car « aucune autre source susceptible de produire des microplastiques n’a été recensée » dans un périmètre proche.

Face à cette « bombe à retardement de pollution », FNE regrette que « l’Etat ne semble pas avoir pris la mesure de la dangerosité de ces décharges ».

Nestlé Waters, de son côté, dit avoir fait appel à trois laboratoires spécialisés qui ont tous conclu « à l’absence de pollution microplastique dans l’eau des forages » vosgiens. Le procès doit se tenir jusqu’à vendredi.

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