Les premières dégustations au concours régional des vins organisé par l’Union des œnologues de France, en partenariat avec le magazine élixir, ont eu lieu ce jeudi 9 avril, au parc des expositions de Béziers.
150 dégustateurs, 33 tables, 430 vins AOP et IGP, 15 à 20 échantillons de vin dégustés par table regroupés par appellation ou cépage… Malgré le grand nombre de personnes, un grand silence régnait durant la matinée de ce jeudi 9 avril, dans l’un des halls du parc des expositions de Béziers. S’y tenait la première session de dégustation du concours régional des Vinalies 2026, organisée par l’Union des œnologues de France Occitanie, en partenariat avec le magazine élixir.
Objectif ? Attribuer les médailles d’or et d’argent à certains des nectars, « uniquement des vins conditionnés, en stock, en bouteille dans leur habillage définitif et « anonymés », expliquait André Serret, le président régional des œnologues de France Languedoc-Roussillon qui chapeautait l’événement. Chaque table, constituée de 4 à 5 dégustateurs – deux œnologues, ainsi que des vignerons, des amateurs éclairés et un étudiant en Master d’œnologie, a pour consigne de médailler, en or et argent, un maximum de 33 % (un tiers) des vins. »
Une seconde session de dégustations aura lieu le 15 avril
Le président ne donnera pas les résultats du jour. Il faudra patienter jusqu’au mercredi 15 avril. Car une seconde dégustation des vins médaillés d’or de ce jeudi 9 avril aura lieu au Mas de Grille, le siège du groupe Midi Libre. « Ils seront cette fois une trentaine d’œnologues et une vingtaine de vignerons, amateurs et étudiants pour attribuer les Coups de cœur Vinalies ®Occitanie. Et la nouveauté de cette année : la grande médaille Coup de cœur du jury nommée le Grand or élixir. Plusieurs vins pourront obtenir cette distinction. »
Et André Serret de préciser : « Le palmarès sera communiqué à l’issue des dégustations par le représentant du groupe La Dépêche, propriétaire du groupe Midi Libre, toujours en collaboration avec les œnologues de France. Il sera ensuite publié dans le magazine élixir de juin, accompagné des descriptions des bouteilles médaillées. »
Julienne Luizet, une étudiante bien dans ses bottes de vignes
La jeune Julienne Luizet, 24 ans, étudiante en dernière année de Master œnologie à la fac de pharmacie de Montpellier, faisait partie des jurys de cette première session de dégustations. Composée majoritairement d’hommes. La question s’imposait donc : l’œnologie est-elle encore un secteur d’hommes ?
"Justement, dans ma promotion, on est autant d’étudiants que d’étudiantes. Mais il est vrai que lors de nos stages dans des domaines, ça reste un secteur encore masculin." Alors la future œnologue tente de tempérer. "Il est vrai que c’est un métier physique. C’est déplacer des pompes très lourdes, réparer des machines, passer des journées entières dans les vignes… Je comprends pourquoi ça pouvait rebuter les femmes autrefois."
"J’ai lié mes deux passions : les sciences et le vin"
Julienne, elle, éduquée dans l’art du vin même si sa famille n’évolue pas dans la viticulture, ne s’est jamais posé de questions. "C’est un secteur qui m’a toujours attirée. J’ai commencé par des études de chimie. Puis j’ai lié mes deux passions, les sciences et le vin."
Sans compter qu’elle aime aussi "transmettre des émotions, partager, réunir des amateurs autour d’une bouteille", et surtout, "ce métier polyvalent, où aucune journée ne se ressemble". Elle ne se voit pas dans un laboratoire œnologique à analyser des vins toute la journée. "Je vais sûrement commencer par chercher du travail dans un domaine, afin d’acquérir un maximum de compétences pour, à terme, faire du conseil."
« Promouvoir les vins d’Occitanie »
André Serret, le président régional des œnologues de France Languedoc-Roussillon, chapeautait la première session de dégustations du concours.
Quel rôle jouent les œnologues dans l’organisation du concours, et des concours de vins en général ?
Tout d’abord, il faut savoir que l’Union des œnologues de France organise trois concours à trois niveaux différents : les Vinalies internationales, nationales et régionales. Les producteurs peuvent d’ailleurs s’inscrire dans les trois concours. Il nous semble logique, depuis toujours, d’organiser de tels concours, puisque nous sommes partenaires des vignerons dans l’élaboration des vins. Comme il est tout aussi logique de participer à la promotion de ces vins.
Qu’apportent ces concours au producteur ?
Une intercomparaison dans son appellation, son cépage, pour se situer par rapport aux autres vins et producteurs. C’est aussi un argument commercial. On sait qu’une médaille, c’est 20 à 30 % d’actes d’achat supplémentaires.
Et, inversement, qu’apporte l’Union des œnologues de France aux Vinalies ?
L’assurance d’un concours de qualité puisque les vins sont "anonymés" et que nous sommes uniquement au service de producteurs. Je rappelle que notre mission principale, c’est de soutenir la production, le producteur et les grands vins.
Justement, qu’est-ce qu’un "grand vin" pour un œnologue ?
C’est un vin qui va me parler, parler au consommateur. Un grand vin aujourd’hui le sera aussi demain, malgré le temps.
Peut-on trouver de la "grandeur" dans un "petit vin" ? Et qu’est-ce que cette "grandeur" ?
On peut toujours trouver de la grandeur dans un "petit vin". C’est une correspondance à un moment donné à une envie des consommateurs. Mais cette grandeur n’est pas définie par un œnologue tout seul, dans son coin. C’est pour cela que les dégustations sont toujours des moments collectifs, de partage. D’où l’importance de ce concours qui réunit des œnologues, des vignerons et des amateurs.







