La nouvelle escalade dans le conflit fait remonter les cours du pétrole et ébranle les marchés.
Le blocus naval américain ciblantle trafic maritime à destination et en provenance des ports iraniens est entré en vigueur, lundi, à 16 h (heure française). La mesure pourrait empêcher environ deux millions de barils de pétrole iranien par jour d’entrer sur les marchés internationaux, resserrant encore davantage l’offre mondiale.
Un nouveau bras de fer
Après l’échec des pourparlers de paix, ce week-end à Islamabad, entre les négociateurs américains et iraniens, le président américain Donald Trump a annoncé que sa marine « entamerait le processus de blocage de tous les navires tentant d’entrer ou de sortir du détroit d’Ormuz ».
Une façon de faire pression sur le régime des mollahs en agitant le spectre d’une asphyxie économique du pays. Le Commandement central de l’armée américaine (Centcom) a précisé, par la suite, que le blocus ne s’appliquerait qu’aux navires à destination ou en provenance d’Iran, y compris tous les ports iraniens du golfe Persique et du golfe d’Oman.
La liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz ne sera pas entravée pour les bateaux en provenance et à destination de ports non-iraniens, a-t-il affirmé. Les Gardiens de la révolution iraniens ont répondu aux menaces du président américain, prévenant que tout bâtiment de guerre s’approchant du détroit d’Ormuz, où ils souhaitent instaurer un système de péage, sera considéré comme enfreignant le cessez-le-feu et fera face à une réponse « sévère ».
Une secousse pour l’économie
Avant la guerre, environ 20 % des exportations mondiales de pétrole et de gaz naturel transitaient par le détroit d’Ormuz, la plupart des cargaisons étant destinées à l’Asie, la plus grande région importatrice. Le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, bloqué depuis par Téhéran, est resté quasiment nul malgré l’accord de cessez-le-feu.
Lundi, les pétroliers évitaient encore le détroit. Le blocage des expéditions iraniennes pourrait couper une autre source majeure d’approvisionnement du marché mondial de pétrole. L’Irana exporté en mars 1,84 million de barils par jour (bpj) de brut et 1,71 million de bpj jusqu’à présent, en avril. Ce bras-de-fer engagé par le locataire de la Maison-Blanche a donc provoqué, lundi, une nouvelle envolée des cours du pétrole, avec un baril de Brent qui grimpait de 7 %, au-dessus de la barre symbolique des 100 $.
Berlin allège les taxes sur le carburant
En Allemagne, la coalition gouvernementale de Friedrich Merz s’est accordée, lundi, sur la suppression de l’une des trois taxes sur les produits pétroliers pour une durée de deux mois. La mesure qui vise à alléger la facture des automobilistes et des entreprises victimes de la flambée des prix du carburant. Cette option, réclamée en France par une partie de l’opposition, a été écartée par Sébastien Lecornu.
Les Bourses européennes et asiatiques sont également repassées dans le rouge. Le cours de l’aluminium, dont environ 9 % de la production vient du Moyen-Orient, a atteint, lui, son plus haut niveau en quatre ans.
Une initiative de Paris et Londres
En quête d’une sortie de crise au Moyen-Orient, le Président français Emmanuel Macron a annoncé, lundi, l’organisation d’une « conférence avec les pays prêts à contribuer » à « une mission multinationale pacifique destinée à restaurer la liberté de navigation », initiée par la France et le Royaume-Uni.
« Cette mission strictement défensive et distincte des belligérants aura vocation à se déployer dès que la situation le permettra », a-t-il précisé. Outre la France et la Grande Bretagne, l’Allemagne, la Chine, ou encore la Turquie demandent la réouverture de cette artère vitale pour le commerce mondial.











