Sirènes et reflets : une exposition du musée des Beaux-arts de Nîmes explore la fascination artistique pour l’eau et ses symboles

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Dans le cadre de la saison culturelle autour de l’eau de la ville de Nîmes, le musée des Beaux-arts présente l’exposition "Lumières et ténèbres, la fascination de l’eau".

Il est des thèmes ou des sujets qui permettent de traverser l’histoire des arts et de la pensée, d’Homère à One Piece. Avec « Lumières et ténèbres, la fascination de l’eau », exposition qui prend place dans la saison culturelle autour de l’eau, le musée des Beaux-arts de Nîmes propose une odyssée à travers ces imaginaires artistiques. L’eau est d’abord un élément que l’homme a affronté, sur la mer, dans les océans, lors des tempêtes… Un grand format d’un peintre inconnu G. Julien, récemment restauré, donne le ton avec ses vagues écumeuses et sa lumière inquiétante.

Cette inquiétude donne naissance à des mythologies, avec la figure centrale de la sirène, longtemps bien différente de celle d’Andersen et de Disney. Non, la sirène n’a pas forcément une queue de poisson ! « Au départ, elles sont mi-femmes, mi-oiseaux, elles attaquent les bateaux, envahissent la mer en venant du ciel », souligne la conservatrice du musée, Barbara Gouget. C’est surtout par le chant et la musique qu’elles séduisent les matelots, comme on le voit dans une toile de Firmin Girard ou chez la Nîmoise Adélaïde Salles-Wagner qui peint la Lorelei, la sirène du Rhin.

Monstres marins

Les monstres marins apparaissent dans les beaux dessins de sirènes et de tritons de Paul Dardé prêtés par le musée de Lodève. Dans son grand marbre, Denys Puech, réputé pour la pureté de son style classique, la sirène a à la fois des ailes et un corps aquatique…

Source et ressource, l’eau est aussi célébrée pour ses vertus salvatrices. Le musée présente la maquette de la fontaine de l’esplanade par James Pradier. Ce lien entre l’eau et la vie se retrouve à la fois dans la vie quotidienne, mais aussi de façon plus symbolique dans la mythologie ou la religion. Dans un grand Tony Robert-Fleury, les Danaïdes sont condamnées à faire couler l’eau éternellement et offrent au peintre une possibilité d’exposer la nudité de ses modèles. Cette eau est aussi au cœur des représentations du Baptême du Christ par Andrea Sacchi ou d’une scène plus rarement peinte, Saint Paul baptisant par Simon Vouet.

Dans la vie quotidienne, le regard évolue, l’eau est d’abord associée à l’hygiène avant d’être liée aux loisirs et au bain. Dans Les Laveuses au bord du Lot, Sarkis Diranian peint des lavandières dans de subtiles tonalités pastel, avec une touche enchanteresse. Puis viennent les baigneuses de Jean-Aristide Rudel, dans une belle lumière.

Un sujet contemporain

L’eau continue à être évoquée par les artistes contemporains. Barbara Gouget a invité Alix Boillot qui travaille le sel, pour des colliers fragiles ou des Lacrymatoires, petits flacons qui étaient destinés à recueillir les larmes des pleureuses et que le musée présente à côté de balsamaires prêtés par le musée de la Romanité. Avec Voir la mer, Sophie Calle filme des Stambouliotes découvrant la mer et on a beau avoir vu cent fois ce chef-d’œuvre, il continue à surprendre et à émouvoir.

L’exposition s’achève par l’esthétique de l’eau, qui permet aux artistes de jouer avec la lumière, les contrastes… La ville de Venise tient une place particulière bien sûr, avec une vue du Ponte Rialto par l’immense Canaletto mais aussi avec le style plus libre de Fernand Janin, contemporain des impressionnistes ou avec les lumières ocre d’un coucher de soleil par Felix Ziem.

L’incontournable Venise

Mais l’eau permet aussi aux artistes travailler autrement le paysage, grâce aux reflets, aux transparences… Avec Antoine Ponchin ou Raoul Dufy à Martigues, Louis Aston Knight en Normandie, l’eau occupe une large part de la toile. Elle prend des couleurs enflammées avec les Barques au soleil couchant de René Seyssaud. L’eau, c’est également la pluie ou la neige dans le grand format L’hiver d’Alexandre Altmann qui lui permet une recherche passionnante et subtile autour de la couleur. La neige est partout et pourtant, le blanc est nulle part, il se teinte de bleu et de violet dans les ombres, s’éclaire de jaune au soleil ou près de la végétation… Comme l’eau, insaisissable…

Exposition Alix Boillot

Présente dans l’exposition actuelle avec les œuvres en sel de sa série L’Éternité, Alix Boillot sera de retour cet été avec une exposition présentée dans le cadre du Grand Arles Express, le programme associé des Rencontres d’Arles. Entre classicisme et contemporanéité, paysage naturel et installation, Alix Boillot conserve grâce à la photographie les seules traces tangibles des colonnes doriques qu’elle sculpte dans la neige. Éphémères, fragiles, aspirant à la beauté, ces œuvres viennent troubler les principes de Vitruve qui assignait trois vertus à l’architecture : pérenne, utile et beau.

Du 4 juillet au 8 novembre.

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